Rapport du coroner: Dave Tremblay est mort d’une balle dans la tête

Le Dolmissois Dave Tremblay est mort de manière violente après avoir été atteint à la tête par un projectile d’arme à feu tiré par un policier de la Sûreté du Québec.

Le tragique événement s’est déroulé le 19 mars 2016 dans le rang Saint-Jean, à quelques kilomètres du rang Sainte-Marie, dans le secteur de Dolbeau-Mistassini.

En se basant sur l’autopsie menée au Laboratoire des sciences judiciaires et de médecine légale de Montréal, le coroner Sylvain Truchon conclut à une mort violente due à un traumatisme craniocérébral majeur.

Le pathologiste avait noté une plaie d’entrée au crâne. Le projectile a pénétré de l’arrière vers l’avant, de la droite vers la gauche et légèrement du haut vers le bas.

La balle de fusil a causé de multiples fractures de la voûte crânienne, des lacérations aux tissus cérébraux et d’importantes hémorragies, entraînant un œdème cérébral et occasionnant le décès.

Il a noté la présence de métamphétamine, du propofol, du phénytoine et du nitrazépam dans le sang.

L’histoire a débuté lorsqu’un citoyen a aperçu un véhicule stationné dans un endroit peu fréquenté. Au moment où il est passé près de la voiture, le conducteur s’est caché le visage afin de ne pas être vu et reconnu. 

L’homme a communiqué l’information à la SQ. Les policiers se sont rendus sur les lieux. En voyant le véhicule patrouille, le suspect de 27 ans fuit les lieux et s’enlise dans la neige. Il parvient à se dégager, alors qu’un agent arrive sur place. Dès cet instant, une altercation intervient. Durant la bousculade, le patrouilleur asperge l’individu de poivre de Cayenne. Celui-ci ne réagit pas et parvient à s’extirper de l’emprise du policier et à prendre son véhicule pour fuir.

Selon le rapport d’enquête du service de police de la ville de Québec, l’agent avise ses collègues de la situation par la radio et des véhicules de police s’installent dans le rang Saint-Jean afin de bloquer le chemin au fuyard. Un tapis clouté est placé au sol, alors que les policiers se sont positionnés sur un banc de neige. 

Tremblay parvient à s’immobiliser avant le tapis. En voyant les agents, le suspect pointe une arme (Winchester Magnum de calibre .22) en leur direction et ceux-ci répliquent avec trois coups de feu, qui n’empêchent pas Tremblay de poursuivre sa route.

Sur le chemin, l’individu fonce sur un autre véhicule de police. Les agents tirent à 13 reprises en sa direction sans pouvoir l’arrêter. Un peu plus loin, Tremblay perd le contrôle et s’enlise dans la neige. Il sort rapidement et cherche à se réfugier dans une résidence privée après avoir tenté de défoncer la porte à coups de pied. 

Les policiers de la Sûreté du Québec ont dû réagir rapidement. 

Ils craignaient que la situation ne dégénère en prise d’otages ou en siège impliquant des innocents. 

Face à cette situation, un des agents a fait feu en direction de Tremblay, l’atteignant mortellement à la tête, même s’il portait un casque de VTT.

Dans le rapport de police, il est précisé que dès le moment où le suspect a pointé son arme en direction des policiers, la situation a complètement changé la nature de l’intervention. D’une simple poursuite de fuyard, c’est devenu une poursuite de fuyard armé.

À la suite du coup de feu, qui s’est avéré fatal, Dave Tremblay a été rapidement transporté vers l’hôpital de Chicoutimi où son décès a été constaté.

Le rapport de police a indiqué que les agents avaient épuisé tous les moyens mis à leur disposition afin d’éviter de tirer sur l’individu. 

Du côté médical, le coroner Truchon ajoute que la consultation des dossiers médicaux apprend que le suspect n’en était pas à ses premiers problèmes de comportement. 

À compter de 2012, il avait été traité et hospitalisé à plusieurs reprises pour des psychoses engendrées par la consommation de stupéfiants.
Les policiers et ambulanciers avaient été appelés à intervenir régulièrement auprès de l’homme.

À la suite de cet événement, le directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a avisé le 24 janvier dernier qu’aucune accusation ne serait retenue contre les policiers impliqués.