André Soucy est reparti avec son sac de vêtements, mais devrait tout de même entrer en détention dans les jours à venir.

Quelques jours de plus en liberté

Le Chicoutimien André Soucy bénéficie de quelques journées supplémentaires en liberté, car il devrait prendre le chemin de la détention à court terme pour avoir battu un pédophile. Il a voulu imposer sa justice et la peine risque d’être longue.

L’homme de 70 ans devait recevoir sa sentence, lundi matin, au Palais de justice de Chicoutimi. Il a plaidé coupable le 14 mai à une invasion de domicile et de possession non autorisée d’une arme à feu.

Si Soucy croyait s’en sortir avec une sentence de deux ans moins un jour de détention au Centre de détention de Roberval, Me Jean-Sébastien Lebel, de la Couronne, a plutôt évoqué qu’il demanderait une peine sévère pour les gestes posés et que celle-ci devrait être de six années de pénitencier.

Le 4 décembre 2017, Soucy a infligé une sévère correction à un homme de 58 ans qui avait été condamné à 16 mois de détention en 2014 pour des actes de pédophilie survenue dans la région de Québec.

L’accusé s’était servi d’un poing américain pour régler le cas de l’individu, car Soucy estimait que c’est tout ce qu’il méritait. Il avait d’ailleurs tout avoué aux agents du Service de police de Saguenay (SPS).

Mais lundi, à la surprise de tout le monde, y inclus le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, Soucy a annoncé qu’il changeait d’avocat.

Me Nicolas Gagnon, de l’Aide juridique, a précisé qu’il demandait à ne plus occuper dans le dossier en raison d’une incompatibilité avec son client, ayant appris quelques minutes auparavant que Soucy désirait être défendu par Me Charles Cantin ou Me Julien Boulianne.

« Depuis quand savez-vous que l’accusé veut changer d’avocat ? », a demandé le magistrat.

« Il y a 15 minutes », a répondu Me Gagnon, en regardant sa montre.

« Je demande la permission de me retirer. En plus, il y a un gouffre de différence entre ce que je pourrais demander et ce que la Couronne suggérera », de dire l’avocat de la défense.

Le juge Boudreault a accepté la demande de Me Gagnon et s’est immédiatement adressé à l’accusé afin de savoir depuis combien de temps il avait l’intention de changer d’avocat.

« Dès que j’ai plaidé coupable (14 mai). J’ai contacté Me Cantin à ce moment », a lancé André Soucy.

Le magistrat a estimé que l’accusé avait fait preuve de négligence en prenant autant de temps avant de manifester véritablement ses intentions et indiqué qu’il aurait dû faire preuve de bonne foi, surtout qu’il avait eu quatre mois pour passer à l’action.

Le dossier a été reporté au vendredi 21 septembre et les avocats verront alors à livrer leurs plaidoiries sur sentence.