Quatre ans de pénitencier pour un pédophile multirécidiviste de Chicoutimi

Le pédophile Maurice Gobeil, reconnu coupable d’avoir abusé d’une enfant de six ans, a écopé d’une peine de quatre ans de détention, mercredi, au Palais de justice de Chicoutimi. L’homme de 71 ans en était à sa troisième condamnation en matière de délits sexuels commis sur une enfant.

Maurice Gobeil, un individu de Chicoutimi, est détenu depuis le mois de juin 2019 à la prison de Roberval. Compte tenu du temps préventif déjà purgé, il lui reste 33 mois et 25 jours à passer derrière les barreaux. Cette fois, ce sera entre les murs d’un pénitencier fédéral. 

En raison de la pandémie de la COVID-19, les activités judiciaires sont réduites au minimum dans les palais de justice québécois. Toutefois, les dossiers concernant les abus sexuels sur des enfants, notamment, sont traités prioritairement. Le juge Pierre Simard a donc rendu sentence, mercredi matin, en direct de la salle d’audience. Maurice Gobeil écoutait le jugement par visioconférence, à partir de la prison de Roberval, tandis que les deux avocats, Me Nicole Ouellet en poursuite et Me Nicolas Gagnon en défense, suivaient les procédures par téléphone. 

C’est en juin dernier que la petite victime de Maurice Gobeil l’avait dénoncé à ses proches. Une ordonnance de non-publication a évidemment été rendue pour que l’identité de l’enfant soit protégée, de même que le lien qui l’unissait à l’homme. 

La petite fille avait raconté à la police, lors d’un interrogatoire qui avait été déposé en preuve lors des représentations sur la peine, tenue le 5 février dernier, comment l’accusé l’avait forcée à le toucher, à frotter ses parties génitales sur les siennes et à lui faire des fellations, sur une période de deux semaines, au début de l’été 2019. 

La vidéo de l’interrogatoire, d’une durée de plus d’une heure, avait été particulièrement difficile à entendre et à regarder. 

Assise face à l’enquêteur, les jambes croisées et remontées sur le fauteuil et enroulant sa queue de cheval autour de ses doigts, l’enfant avait répété à une dizaine de reprises que c’était maintenant terminé, parce que « Momo était en prison ». 

L’individu avait rapidement plaidé coupable à deux chefs d’accusation de contacts sexuels sur une mineure, ainsi qu’à un chef d’action indécente. 

Lors des observations sur la peine, la procureure de la Couronne, Me Nicole Ouellet, avait demandé à ce que Maurice Gobeil écope de cinq ans de pénitencier. En défense, Me Nicolas Gagnon plaidait plutôt pour une peine de 33 mois.

Le juge Pierre Simard a finalement condamné l’accusé à 48 mois de détention. L’homme de 71 ans étant détenu depuis juin dernier, il a donc déjà purgé l’équivalent de 14 mois de prison, en comptant le temps et demi. 

L’avocat de la défense, Me Gagnon, a souligné que la sentence rendue par le juge Simard était appropriée, compte tenu de la gravité des gestes posés. 

Outre les abus sexuels commis sur l’enfant, Maurice Gobeil avait aussi admis sa culpabilité à un chef d’action indécente. Il avait avoué s’être masturbé sur son balcon, face à la rue, à l’été 2017 et 2018. Un voisin l’avait surpris.

Troisième condamnation

En 2005 et 2008, Maurice Gobeil a été sentencié pour des gestes à caractère sexuel commis sur deux autres fillettes de cinq et six ans, ce qui faisait déjà de lui un pédophile récidiviste. Les gestes pour lesquels il a été condamné avaient été commis en 1999 et 2003.

Dans les deux cas, il s’agissait de touchers sur des fillettes, notamment dans un bain. À sa dernière condamnation, en 2008, il avait écopé de 18 mois de prison.