Quatre ans de pénitencier pour avoir étranglé son ex

Patricia Rainville
Patricia Rainville
Le Quotidien
Bryan Poirier, cet homme de Saguenay reconnu coupable de voies de fait graves sur son ex-conjointe, a écopé de quatre ans de pénitencier, mercredi matin, au Palais de justice de Chicoutimi. L’individu avait notamment étranglé la dame avec une corde, lors d’une soirée du mois de juillet 2018 qui hante toujours la victime dans ses cauchemars.

La Couronne, représentée par Me Marianne Girard, avait plaidé pour une peine de cinq ans de pénitencier, alors que la défense, assurée par Me Luc Tourangeau, demandait plutôt une peine provinciale oscillant entre 18 et 24 mois. Le juge de la Cour du Québec, Richard P. Daoust, a opté pour une peine de pénitencier.

Le magistrat a déclaré que Bryan Poirier avait prémédité son geste de « torturer, humilier et fait craindre à la victime qu’elle allait mourir ». Le magistrat a toutefois ajouté que l’homme était dans un état dépressif grave lorsque les gestes avaient été posés et que la peine devait être individualisée. 

Le 22 juillet 2018, Bryan Poirier s’en est violemment pris à son ex-conjointe, une dame âgée dans la cinquantaine. Ils étaient séparés depuis quelque temps, mais vivaient toujours ensemble, le temps de mettre de l’ordre dans les biens communs. Un soir, la victime était partie chez des amis, ce qui a mis Poirier hors de lui. Alors qu’elle rentrait chez elle, Poirier l’a étranglée par-derrière avec une corde et l’a traînée au sol. Il l’a amenée jusqu’au sous-sol et l’a menacée d’un couteau, qui était caché dans les coussins d’un divan. Il l’a frappée, tout en serrant la corde assez fort pour que la dame perde connaissance. Il a menacé de la pendre. Il avait finalement lâché son emprise après une heure de torture. En plus des traumatismes psychologiques, la victime a encore des douleurs au cou. Lors des observations sur la peine, la victime avait affirmé, dans une déclaration écrite, qu’elle faisait toujours des cauchemars, rêvant que « Poirier venait finir la job » et qu’elle vivait dans l’angoisse. 

Bryan Poirier était initialement accusé de tentative de meurtre, mais l’homme avait finalement accepté de plaider coupable à un chef de voies de fait graves.

L’homme était en liberté en attente de sentence. Il a purgé 25 jours en temps préventif, lors de son arrestation. Il s’est donc présenté libre au Palais de justice de Chicoutimi, mercredi matin, mais a pris le chemin de la détention. Il a accepté sa sentence sans broncher. Il était accompagné de ses proches. La victime tenait à être présente en salle d’audience, soutenue par des membres de sa famille. 

Dans son jugement, le juge Richard P. Daoust a parlé de la préméditation, la violence et la gratuité des gestes commis, en plus de la faible introspection de l’accusé sur sa gestion de la colère. Le magistrat a aussi souligné que Bryan Poirier n’avait pas d’antécédent judiciaire et qu’il a exprimé des regrets sincères.