Propos menaçants contre des employés de la SAAQ: un homme acquitté

Accusé de menaces à l’égard des employés de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), Joël Fleury a été acquitté, mardi, au Palais de justice de Chicoutimi.

Le Saguenéen de 51 ans, qui possède des antécédents de violence, avait confié des pensées menaçantes à une agente de probation pendant l’une de ses évaluations, à l’été 2017.

Celui qui terminait une peine de pénitencier dans une maison de transition à Chicoutimi avait exprimé le désir de se rendre au bureau de la SAAQ et de tirer comme l’a fait un « autre tireur connu ».

Fleury avait alors expliqué à l’agente qu’il entretenait un conflit avec la SAAQ depuis plusieurs années, à la suite d’un accident d’automobile. Il trouvait qu’un tel geste donnerait l’exemple d’un accidenté incompris par le système.

Après avoir été questionné sur ses intentions par l’agente, le quinquagénaire a assuré qu’il n’avait aucun plan défini et que « ça ne serait pas bien pour lui, en raison des conséquences ».

C’était la deuxième fois qu’il tenait des propos violents pendant une évaluation. Il a également parlé de son rêve de tuer les gens qui l’ont trompé, dont d’anciennes fréquentations.

Inquiète, l’agente de probation a dénoncé ses propos menaçants. En vertu de certains protocoles, il est permis de dévoiler le contenu des rencontres.

L’accusé, qui n’a pas été détenu pendant les procédures judiciaires, a admis ces propos. Mais il les a qualifiés de rêves et de pensées plutôt que de plan. Il s’est confié dans un climat de confiance et il n’aurait jamais eu l’intention de passer à l’acte, a-t-il assuré.

Est-ce que confier des pensées menaçantes envers des tiers, lors d’une entrevue d’évaluation, constitue des menaces au sens du Code criminel ? Non, a tranché le juge Pierre Lortie. « Il n’est pas clair que les mots menaçants visaient à intimider ou à être pris au sérieux, suivant la norme objective. Selon le témoignage crédible de l’accusé, ce qu’il avait en tête, dans les circonstances de l’entrevue évaluative privée avec l’agente, était de confier ses pensées, conformément à ce qui lui a été enseigné », peut-on lire dans la décision du magistrat.