Saguenay (Chicoutimi),policier accusé de brutalité lors d'une arrestationPhoto / Michel Tremblay

Procès pour voies de fait: le policier Lajoie décrit comme professionnel par sa collègue

« J'ai travaillé une dizaine de fois avec le policier Philippe Lajoie. C'est un collègue très professionnel. Il a une bonne image. C'est un gars calme, poli et professionnel. »
Valérie Desgagné est policière à la Sécurité publique de Saguenay (SPS). Elle a livré un témoignage par visioconférence mardi matin, au procès de son confrère, accusé de voies de fait simple sur un individu.
Interrogée sur les événements du 6 novembre 2015, Mme Desgagné se souvient que les deux individus dans la voiture sur le stationnement de l'UQAC étaient endormis profondément et qu'une odeur d'alcool et de cannabis était palpable dans le véhicule.
« Lorsque l'homme derrière le volant est sorti, il nous a dit de le laisser partir chez lui, qu'il n'avait rien fait de mal. Il avait un ton agressif et était arrogant. Il nous a menacés de mort, de nous faire de la marde dans les médias », de relater la patrouilleuse.
« Nous l'avons amené au sol. Philippe s'est occupé des bras et moi des jambes, car je craignais de recevoir des coups. J'ai vu l'agent Lajoie lever le poing, mais au même moment j'ai entendu un bruit métallique derrière moi et j'ai cru que quelqu'un arrivait. J'ai pensé au passager. Mais ce n'était pas le cas », a-t-elle indiqué.
Valérie Desgagné estime que son collègue et elle ont agi ainsi en raison du danger qui semblait pointer.
Elle croyait tellement que cette arrestation n'avait rien de particulier qu'elle a été très surprise d'être convoquée dans le bureau des capitaines Marc Sénéchal et Denis Turcotte, 12 jours plus tard.
L'agente dit avoir été interrogée durant 11 heures lors de cette journée.
Le procureur de la Couronne, Me Mathieu Rochette, a plutôt parlé de 78 minutes d'interrogatoire, précisant que la policière avait eu du temps pour rédiger un rapport, parler à son représentant syndical et à un avocat.
« C'est possible, mais ça m'a paru plus long que ça. Mais à la fin de la journée, j'étais épuisée et je suis devenue émotive. Je pleurais, je voulais retourner chez moi, mais je ne pouvais pas. On m'avait convoqué comme témoin, mais j'ai eu l'impression que j'étais l'accusée », a-t-elle ajouté.
Plus de détails dans Le Quotidien, mercredi.