Marc-Étienne Côté est accusé du meurtre d’Israël Gauthier-Nepton.
Marc-Étienne Côté est accusé du meurtre d’Israël Gauthier-Nepton.

Procès Marc-Étienne Côté: une balle tirée à plus d’un mètre

Patricia Rainville
Patricia Rainville
Le Quotidien
Israël Gauthier-Nepton a été atteint dans le bas du dos par un projectile tiré à plus d’un mètre, provenant d’un revolver. L’expert en balistique appelé à analyser les balles retrouvées sur la scène de crime conclut que l’arme utilisée était possiblement de calibre 357 Magnum ou 38 Special. Il n’a retrouvé aucun indice de proximité de tir sur les vêtements de la victime.

L’expert en balistique Gilbert Desjardins a témoigné au procès de Marc-Étienne Côté, jeudi, au Palais de justice de Chicoutimi. L’individu est accusé du meurtre au deuxième degré d’Israël Gauthier-Nepton. Le jeune homme a été atteint d’une balle dans le bas du dos, dans la nuit du 19 au 20 novembre 2016, à Jonquière.

Le principal témoin de la poursuite, Dave Bussières, était présent sur les lieux et identifie l’accusé comme le tireur.

Selon le pathologiste judiciaire qui a témoigné mercredi, la victime est décédée en quelques minutes, maximum.

L’expert en balistique Gilbert Desjardins a expliqué au jury, jeudi après-midi, que les deux projectiles retrouvés sur les lieux, soit un dans le corps de la victime et un second dans un appartement situé sur la rue du Vieux-Pont, ont bel et bien été tirés par la même arme à feu.

L’expert a également affirmé que l’arme utilisée était un revolver. Les douilles demeurent à l’intérieur de l’arme lorsque les balles sont tirées, a ajouté M. Desjardins.

L’expert a également eu faire une analyse du manteau, des jeans et des caleçons de la victime, afin de déterminer la distance de tir.

Un projectile avait été retrouvé dans un logement. Ce projectile provenait de la même arme qui a tué la victime.

Au terme de ses analyses, notamment des tests chimiques, aucune trace de poudre, par exemple, n’a été trouvée, ce qui permet à l’expert en balistique de conclure que la victime se trouvait à plus d’un mètre de l’arme.

« Ça peut être deux, trois ou 15 mètres, ça, je ne peux le dire, mais c’est au moins à plus d’un mètre. Habituellement, nous faisons des tests de tirs avec l’arme en question, mais nous ne l’avions pas », a expliqué M. Desjardins.

Selon les expertises, l’arme utilisée n’était pas reliée à un autre dossier.

Gilbert Desjardins a expliqué aux jurés que chaque arme à feu avait sa signature et laissait des traces uniques.

Les poubelles

Un technicien en scène de crime de la Sûreté du Québec appelé sur les lieux le dimanche 20 novembre 2016 a expliqué avoir réalisé des croquis de la scène et avoir utilisé un LizardQ, un appareil permettant de photographier la scène sur 360 degrés. Des images de la rue du Vieux-Pont et de l’arrière du bloc appartements où a été trouvée la victime ont été montrées au jury.

En contre-interrogatoire, l’avocate de Marc-Étienne Côté a demandé au technicien s’il avait vérifié le contenu des poubelles aux alentours. Elle avait posé cette même question au technicien en identité judiciaire venu témoigner la veille. Les deux témoins ont dit qu’aucune note n’avait été prise à cet effet. Le technicien en scène de crime a toutefois affirmé que c’était habituellement un automatisme lors des analyses de scène de crime, mais personnellement, n’a pas souvenir de l’avoir fait.

L’appartement de Steeve Marquis, à l’extérieur duquel aurait éclaté l’altercation, n’a pas été expertisé. Toutefois, le terrain avant a été passé au peigne fin, notamment avec un détecteur de métal, pour y trouver des indices. Rien n’a été trouvé. Il n’y a pas eu de recherches sur le terrain arrière.

Le procès reprend vendredi matin.

Le technicien en scène de crime a travaillé sur les lieux, le dimanche 20 novembre 2016.