Jason Roy Lagacé fait face à des accusations pour des gestes qui ont été posés sur deux plaignantes. Une troisième a quitté le tribunal durant son contre-interrogatoire, mercredi.

Procès Jason Roy-Lagacé: la défense demande un acquittement complet

La défense estime que l’ex-militaire Jason Roy-Lagacé doit être acquitté de tous les chefs d’accusation portés contre lui. Aucune preuve ne viendrait corroborer les faits qui lui sont reprochés. En fait, elle estime que les témoignages sont contradictoires.

Roy-Lagacé, 33 ans, de Larouche, est accusé de harcèlement criminel, d’introduction par effraction sur une première plaignante et d’agression sexuelle et de harcèlement criminel envers une seconde ex-conjointe pour des événements survenus entre 2014 et 2016.

Une troisième plaignante avait porté plainte, mais elle a quitté le tribunal mercredi en plein contre-interrogatoire, laissant entendre qu’elle ne voulait plus témoigner. Les accusations, dont une d’agression sexuelle causant des lésions, ont été retirées contre Roy-Lagacé.

« Sans dire qu’il a été victime d’un complot de la part des trois plaignantes, je pense que nous n’en sommes pas loin. Les trois femmes avaient établi un système de support (face à ce qu’elles avaient vécu). Lorsqu’elles se réunissaient, elles ne parlaient pas des faits, mais en profitaient pour prendre du vin », a lancé Me Charles Cantin, lors de sa plaidoirie.

Tout au long de sa plaidoirie, Me Cantin a tenté de démontrer au juge Jean Hudon, de la Cour du Québec, que les allégations des plaignantes ne se tenaient pas et qu’elles étaient pleines de contradictions.

« Durant les témoignages, une plaignante a parlé de mon client comme d’un père formidable, du meilleur papa que leur fille pouvait avoir. Même durant une période de crise, cette conjointe lui a écrit un message texte disant qu’elle s’ennuyait de lui. La deuxième plaignante a dit qu’il n’était pas en mesure de s’occuper de son enfant. Mais les commentaires apportés ne démontrent pas cet aspect, bien au contraire », ajoute le criminaliste.

« Sur l’accusation d’introduction par effraction, il faut savoir que mon client avait tenté de parler à sa fille au téléphone, comme il le faisait chaque soir. N’ayant pas de réponse, il s’est rendu au domicile de son ex-conjointe et il a entendu sa fille crier maman. Il a attendu 20 minutes, en panique, avant de défoncer la porte. En entrant, il s’est dirigé vers la chambre de l’enfant, car il craignait vraiment pour sa sécurité. Ce n’est pas une porte qui était pour l’empêcher d’entrer. Mais on ne peut pas parler d’introduction par effraction dans ces circonstances », a lancé Me Cantin.

Concernant la deuxième présumée victime et l’agression sexuelle, l’avocat en défense a fait valoir que la plaignante a avoué durant son témoignage que Roy-Lagacé n’avait jamais été menaçant ou violent envers elle.

« Difficile de dire qu’il a pu y avoir agression sexuelle, ce qui implique toujours une forme de violence. De plus, après le supposé événement, mon client a même aidé madame à déménager, est allé au restaurant et au cinéma avec elle. La dame a dit que les relations sexuelles étaient peu fréquentes et lui a déjà dit de faire ce qu’il avait à faire et qu’elle ferait semblait d’avoir du plaisir », a repris l’avocat.

Me Cantin a relevé de nombreuses contradictions dans les témoignages des plaignantes, notamment sur l’emprise que l’accusé pouvait avoir sur elles.

Une des présumées victimes se sentait obligée d’être en sa présence en tout temps, alors qu’elle a mentionné qu’elle passait quatre soirées en sa compagnie et que c’était correct comme ça.

Vendredi matin, Me Karen Inkel, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), livrera sa plaidoirie. Ensuite, il est possible que le juge Hudon prenne le dossier en délibéré.