Procès de Stéphanie Frenette: les mystérieux symptômes du bambin décortiqués par la défense

Patricia Rainville
Patricia Rainville
Le Quotidien
Le père du bambin qui aurait été secoué par la gardienne Stéphanie Frenette a admis qu’il était inquiet de l’état de santé de son garçon, durant la semaine précédant la journée du 20 février 2017, où il a été transporté d’urgence à l’hôpital. Vomissement, perte d’équilibre, manque d’énergie; l’enfant, qui avait 23 mois à l’époque, présentait des symptômes inexpliqués, entre le 13 et le 20 février.

Le procès de Stéphanie Frenette, accusée de voie de fait grave sur un bébé de 23 mois qu’elle gardait, se poursuit pour une deuxième journée, mardi, au Palais de justice de Chicoutimi. La gardienne est accusée d’avoir secoué le bébé au point de l’handicaper pour la vie. Selon la preuve de la Couronne, le geste fatidique aurait été posé le 20 février, lors de la troisième visite du petit à la garderie en milieu familial. De son côté, l’accusée nie être responsable de l’état de l’enfant, qui doit être gavé pour se nourrir et qui ne marchera plus, entre autres séquelles.

Le père du bébé avait passé la journée de lundi à témoigner, interrogé par la procureure de la poursuite, Me Nicole Ouellet. 

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Mardi, c’était son contre-interrogatoire, mené par l’avocat de l’accusée, Me Julien Boulianne. 

La mémoire du père a été mise à rude épreuve par le criminaliste à plusieurs reprises. Alors que le père se souvenait de détails précis concernant certaines situations, il n’arrivait pas à se rappeler d’autres détails, par exemple concernant le niveau d’appétit du petit durant la semaine précédant les événements. 

Le père a aussi été questionné sur le fait que le petit se couchait sur le dos, immobile, durant la semaine où il a fréquenté la garderie de Stéphanie Frenette. Le père avait affirmé, lors de son témoignage principal, lundi, qu’il avait parlé de ce curieux geste à l’infirmière du CLSC que les parents consultaient à l’époque. Selon le père, l’enfant a commencé à se coucher au sol, immobile, à son retour de la première visite du bébé à la garderie, le 13 février 2017, ce qu’il n’avait pas l’habitude de faire auparavant. Toutefois, le criminaliste a plutôt suggéré à l’homme que cette question avait été abordée par les parents auprès de l’infirmière le 2 février, soit une dizaine de jours avant la première visite du bambin chez Stéphanie Frenette. Le père a nié cette information.

La journée du 16 février 2017, soit le jour où le petit a été amené au centre d’amusement Savana, a aussi été décortiquée par le procureur de la défense. Rappelons que le petit, qui s’était énormément amusé deux semaines plus tôt dans les modules de jeu, n’allait pas bien du tout lors de sa seconde visite. Le petit perdait l’équilibre, avait de la difficulté à se tenir droit et à se glisser et il avait aussi fait une chute par terre, se cognant la tête au sol. 

Durant l’enquête préliminaire, qui avait eu lieu en décembre 2017, le père avait déclaré que le petit « n’était déjà plus pareil, que ce n’était carrément pas normal et que ce n’était pas le même garçon ».

Le père a expliqué avoir alors pensé que le petit souffrait d’une indigestion, puisqu’il avait vomi quelques fois et avait souffert de diarrhées. 

Le père a aussi précisé qu’une employée du centre Savana avait affirmé qu’une commotion cérébrale serait étonnante, puisque le petit ne s’était pas cogné très fort. 

Le juge Michel Boudreault a toutefois précisé que trois experts en médecine allaient être appelés à témoigner, ce qui pourrait permettre d’éclaircir certains points. 

L’accusée prend beaucoup de notes durant les audiences. Elle continue d’éviter les caméras des médias en enfilant foulard et masque pour protéger son identité.

Il faut dire que Stéphanie Frenette a dû quitter la région, après les événements. Sa maison qui abritait sa garderie en milieu familial a été vandalisée et elle a reçu des menaces de mort.   

Le contre-interrogatoire se poursuivra mardi après-midi.