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Les agresseurs avaient laissé leur camionnette dans le stationnement du Pétro-Canada à Saint-Jean-Eudes.
Les agresseurs avaient laissé leur camionnette dans le stationnement du Pétro-Canada à Saint-Jean-Eudes.

Procès de Stéphane Côté-Sévigny: la victime raconte 30 secondes d’enfer

Normand Boivin
Normand Boivin
Le Quotidien
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Ce sont 30 secondes d’enfer qu’a vécues un homme dans la trentaine, le 11 octobre 2020 vers 23h15, quand il s’est réveillé sur son divan où il s’était assoupi, avec deux inconnus qui le rouaient de coups.

« Ça s’est passé très vite. Environ 30 secondes. Mais ça frappait très fort. Il y en a un qui me frappait derrière la tête avec une barre de fer et l’autre qui me frappait au corps, sur les bras, aux épaules, sur les jambes et les testicules avec ses poings ou quelque chose que je n’ai pas vu », a raconté la victime, qui garde encore des séquelles de l’agression. L’homme se plaint de violents maux de tête et a tenté sans succès de reprendre son travail chez « un fournisseur d’Alcan ».

Lundi s’est ouvert le procès de Stéphane Côté-Sévigny, accusé d’introduction par effraction et de voies de fait armées graves contre un homme de Saint-Jean-Eudes, sans aucun mobile apparent. Encore aujourd’hui, personne ne peut trouver un motif à la sauvage agression si ce n’est que la victime, un homme sans histoire, habite le logement qu’occupait avant lui Terence Martel, un individu actuellement derrière les barreaux et réputé pour régler ses affaires à coups de bâton de baseball, qui a souvent eu maille à partir avec les policiers.

Côté-Sévigny était coaccusé avec son fils Steven Gosselin-Côté qui a déjà plaidé coupable et purge sa sentence pour différents délits à Sherbrooke. Mardi, il sera le premier témoin de la poursuite représentée par Me Marie-Christine Savard.

L’avocat de l’homme de 47 ans, Me Sylvain Morissette, a informé la cour qu’il allait présenter une défense d’alibi.

En plus de la victime, trois témoins sont venus raconter leur version des événements, à commencer par l’enquêteur de la Sécurité publique de Saguenay, le lieutenant-détective Sylvain Morneau, venu expliquer que la tour cellulaire située à proximité du Géant Motorisé à Saint-Ambroise avait détecté le téléphone portable de l’accusé à 23h44, soit 22 minutes après l’agression et trois quarts d’heure avant qu’il ne soit arrêté par les policiers qui l’attendaient à son domicile, à Alma.

La tour, qui s’est activée au moment où le cellulaire a émis deux textos (SMS), couvre un rayon allant de 1,5 à 10 kilomètres, a mentionné l’enquêteur.

Le juge Michel Boudreault.

Dans le véhicule que conduisait l’accusé, les policiers ont trouvé une barre de fer tachée de sang, mais les analyses d’ADN n’ont pas permis de les relier à la victime, pas plus que les expertises faites sur le linge que portaient les suspects.

Invasion surprise

Deuxième témoin de la poursuite, la victime est venue raconter qu’elle s’était assoupie devant la télé vers 22h30, ce dimanche soir, et avait été réveillée en sursaut (probablement à cause du bruit) par deux hommes qui fonçaient sur elle après avoir pénétré dans son logement qui n’était pas barré.

Pendant la courte, mais violente agression, ceux-ci n’ont pas dit un mot et, à un certain moment, alors qu’il était par terre, l’homme a réussi à se relever et s’enfuir chez son voisin du bas pour avoir de l’aide.

Ce dernier, qui fut le dernier témoin de la journée, a raconté comment il était parti à la poursuite des deux individus, pieds nus et en boxer, et avait réussi à prendre le numéro d’immatriculation de leur véhicule, ce qui explique pourquoi les policiers les attendaient à leur arrivée à leur domicile d’Alma.

L’agression est survenue dans un bloc à deux logements dans une rue qui finit en cul-de-sac derrière la Brasserie du Capitaine. Dès qu’il a eu l’appel à l’aide de son voisin du haut, l’homme dans le début de la trentaine a couru derrière deux hommes qui se dirigeaient vers l’ancienne brasserie et les a vus traverser le boulevard Saguenay pour sauter dans une camionnette stationnée dans la cour du dépanneur Pétro-Canada.

La caméra de surveillance du dépanneur a d’ailleurs filmé la camionnette au moment où elle se stationnait, à 23h11, puis on voit le conducteur monter à bord et mettre le moteur en marche en attendant son complice qui arrive quelques secondes plus tard avant de filer rapidement à 23h22. Dans la vidéo présentée à la cour, on aperçoit aussi le témoin poursuivant derrière le véhicule au moment où il part.

Celui-ci a dit à la cour que malgré la pénombre, il avait pu voir le visage de l’accusé dans son rétroviseur au moment où la lumière du plafonnier s’est allumée quand le passager est monté à bord.

Il a raconté également que ce dernier avait tenté, sans succès, d’arracher la plaque d’immatriculation, mais qu’il était pressé par le conducteur de monter à bord, ce qui a permis au témoin de refiler le numéro aux policiers.

Le procès présidé par le juge Michel Boudreault reprend mardi matin. L’accusé, qui n’a pu recouvrer sa liberté sous conditions en attendant son procès, malgré qu’il souffre d’un cancer du poumon et de l’estomac, est présent en cour et suit l’audition de sa cause du bloc carcéral.