Me Louis Belliard

Procès de Rodrigue Boivin: le jury a entendu tous les témoins

Rodrigue Boivin, accusé d’homicide involontaire, a témoigné devant le jury, lundi, au palais de justice de Roberval. L’homme de 48 ans aurait battu Évans Robertson, surnommé Cheyenne, dans sa résidence de Mashteuiatsh le 31 août 2016.

L’avocat de la défense, Louis Belliard, a voulu mettre de l’avant qu’à ce moment précis, son client tentait simplement de se défendre.

L’avocate de la Couronne, Me Julie Villeneuve, a pour sa part fait valoir que durant un long interrogatoire de plus de trois heures mené par l’enquêteur Éric Gauthier après l’altercation, Rodrigue Boivin n’a jamais mentionné qu’il avait agi ainsi par légitime défense.

« Je crois que je l’ai mentionné. De toute façon, [les policiers] déformaient tout ce que je disais. J’ai seulement donné des bribes vagues et imprécises », a-t-il rétorqué. Son avocat de l’époque lui aurait conseillé d’en dire le moins possible aux policiers.

« Donc, ce que vous dites aujourd’hui, c’est que vous disiez un peu n’importe quoi [aux policiers lors de l’interrogatoire] », a soulevé Me Villeneuve.

En octobre 2016, Rodrigue Boivin a plaidé coupable à des accusations de voies de fait graves contre M. Robertson alors que ce dernier était toujours à l’hôpital.

Évans Robertson est décédé peu après, c’est pourquoi la poursuite y est allée avec un arrêt de procédures et les accusations de voies de fait graves se sont transformées en homicide involontaire. Rappelons que Rodrigue Boivin est aussi accusé d’introduction par effraction et de voies de fait sur son sa conjointe de l’époque, Candy Moar-Dominique.

Le passé de Cheyenne remonte
Me Belliard a finalement fait entendre un autre témoin, Yohan Schuld-Girard, qui connaît aussi bien l’accusé que la victime. L’avocat de la défense a voulu exposer le fait qu’Évans Robertson aurait déjà entretenu des liens avec l’ancien groupe de motards El Conquatcheros.

« Il aimait ça parler des Conquatcheros et moi, j’aimais l’entendre parler de ça. Je trouvais ça drôle qu’il était comme un motard. Il a eu le premier Harley sur la réserve. Ça fait partie de sa jeunesse », a-t-il raconté.

Le bref témoignage de M. Schuld-Girard a ainsi conclu la preuve de la défense. Les 12 jurés doivent maintenant entendre les plaidoiries, qui commenceront mercredi matin. Le juge Serge Francoeur présentera pour sa part ses directives jeudi matin, après quoi le jury pourra commencer les délibérations.