Rodrigue Boivin est accusé d’homicide involontaire. Son ex-conjointe, Candy Moar-Dominique, était appelée à la barre des témoins, jeudi.

Procès de Rodrigue Boivin: de l'alcool dès le matin

Candy Moar-Dominique a témoigné au procès devant jury de Rodrigue Boivin, accusé d’homicide involontaire, jeudi, au Palais de justice de Roberval. Celle-ci se souvient de nombreux détails de la journée du 31 août 2016, où une altercation serait survenue entre l’accusé et la victime Évans Robertson, même si elle était « pas mal affectée par l’alcool ».

Ce jour-là, elle relate avoir commencé à boire le matin avec son conjoint de l’époque, Rodrigue Boivin, et des amis, dehors près de sa résidence. Son petit-ami serait parti fâché. Mme Moar-Dominique ne sait pas pourquoi, mais ce n’était pas à cause d’elle. 

« Il était de mauvaise humeur. Moi, j’ai continué à boire. On était dehors et il faisait froid alors [Mike] et moi, on est allés chez Cheyenne à pied », se rappelle Mme Moar-Dominique. 

À Mashteuiatsh, Évans Robertson était surnommé Cheyenne par plusieurs. Sa résidence était connue comme « l’endroit où aller prendre de la bière » dans la communauté, selon Candy Moar-Dominique et d’autres témoins.

Une fois arrivés au domicile de Cheyenne, ils se sont assis dans la cuisine avec leur hôte et ont bu de la bière. La version des faits de Mike Valin est similaire à celle de Mme Moar-Dominique, à la différence que celui-ci rapporte qu’ils se seraient par la suite « tiré chacun une ligne » de speed, ce que nie Mme Moar-Dominique. 

Quoi qu’il en soit, comme elle l’a rappelé à plusieurs reprises durant son témoignage, la femme maintenant âgée de 34 ans était « pas mal maganée » et Cheyenne lui aurait offert d’aller se coucher dans son lit, une proposition qu’elle a acceptée. 

Dans la chambre à coucher

« Je me suis endormie sur le lit. Je me suis réveillée lorsque Rodrigue est entré dans la maison. Il a ouvert la porte fort et ça a produit un bruit sourd. Je l’ai entendu dire : “toi, tu ne me prendras pas pour un innocent” », décrit-elle. 

Puis tout s’est déroulé rapidement sous ses yeux. Rodrigue Boivin serait entré dans la chambre et aurait asséné au moins trois coups de poing au visage d’Évans Robertson, qui était assis sur une chaise à côté du lit. 

« J’essayais de “pogner” Rodrigue, mais je voyais que je ne pourrais rien faire. Il m’a tassée. Il a continué de le frapper et je suis partie dans le salon. Il m’a prise par le bras pour me sortir de la maison », raconte celle qui habite maintenant la ville de Québec. 

Des ecchymoses sur les jambes

À leur sortie du domicile, Candy Moar-Dominique aurait trébuché dans l’escalier et au bas des marches. La procureure de la Couronne, Julie Villeneuve, lui a montré sept photos d’elle prises par les policiers où on voit la jeune femme avec des ecchymoses sur les jambes. Mme Moar-Dominique a affirmé que ses blessures étaient liées à ses chutes.

Rappelons qu’en plus de l’accusation d’homicide involontaire qui pèse sur lui, Rodrigue Boivin est aussi accusé d’introduction par effraction et de voies de fait contre Mme Moar-Dominique. 

En matinée jeudi, cinq témoins ont répondu l’un après l’autre aux questions des avocats. Parmi ce nombre, on comptait un expert en médecine dentaire et maxillo-faciale, une spécialiste en biologie judiciaire et des gens qui ont côtoyé soit l’accusé ou la victime la journée du 31 août 2016. 

Éric Germain, qui rendait fréquemment visite à M. Robertson, a mentionné que l’accusé et la victime ne s’entendaient pas bien. En parlant de Rodrigue Boivin, il a indiqué qu’il « était venu quelques fois se chicaner » et qu’il « était menaçant ». 

Une barre de métal

Éric Germain a par ailleurs confirmé qu’Évans Robertson gardait une barre de métal sous son lit. Pour sa part, Candy Moar-Dominique a souligné que de toute façon, « tout le monde en avait une » pour se protéger, elle la première. 

La Couronne fera entendre un dernier témoin vendredi, après quoi l’avocat de la défense, Louis Belliard, pourra inviter à la barre les deux ou trois témoins qu’ils souhaitent présenter au jury. Si Rodrigue Boivin est accusé d’homicide involontaire, c’est qu’Évans Robertson est mort deux mois après l’altercation.