Jason Roy-Lagacé saura s’il est coupable ou non le 30 octobre . ­

Procès de l'ex-militaire Jason Roy-Lagacé: aucun complot, plaide la Couronne

Jason Roy-Lagacé n’est pas la victime d’un complot d’anciennes conjointes. Selon la Couronne, il est loin d’être le père exemplaire qu’il prétend être et n’apparaît pas crédible dans ses versions en lien avec les accusations.

C’est que Me Karen Inkel, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), a fait valoir lors de sa plaidoirie au procès de l’ex-militaire des Forces armées canadiennes de Bagotville.

Roy-Lagacé est accusé de harcèlement criminel, de voies de fait armées avec une boîte de condoms, de voies de fait, d’introduction par effraction, d’entrave à la justice et d’agression sexuelle. Deux plaignantes se sont manifestées pour des événements survenus entre 2010 et 2016. Une troisième ancienne conjointe avait accusé l’individu d’agression sexuelle causant des lésions, mais a quitté la barre des témoins lors de son contre-interrogatoire, mercredi, refusant de poursuivre son témoignage. Les accusations ont été retirées.

«Je crois que l’accusé doit être reconnu coupable de tous les chefs d’accusation pour les deux plaignantes. Nous avons réussi à démontrer qu’il a commis les actes qui lui sont reprochés», a précisé Me Inkel.

Questionnée par le juge sur une possible collusion entre les plaignantes pour faire tomber Roy-Lagacé, comme l’a prétendu Me Charles Cantin en défense, la représentante du DPCP a dit ne pas y croire.

«Personne n’a quoi que ce soit à y gagner. Une femme n’habite plus la région, alors que la mère de l’enfant veut maintenir les liens avec le père. Je ne pense pas qu’il puisse y avoir un intérêt de leur part», note Me Inkel.

Celle-ci a rejeté la version de l’accusé sur l’introduction par effraction chez son ex-conjointe où il a justifié son entrée par le fait que sa fille semblait en danger.

«Il a voulu appeler sa fille comme il le faisait chaque soir, mais n’ayant pas de réponse, il s’est rendu au domicile de la dame. Il a cru sa fille en danger, mais il n’a jamais appelé les policiers. Il a attendu 20 minutes avant de défoncer la porte. Il s’est dirigé immédiatement dans la chambre de son enfant, qui était en sécurité. Mais pourquoi est-il allé dans la chambre de l’ex-conjointe? Il voulait encore contrôler ce qu’elle faisait. C’est du harcèlement, ça», a poursuivi Me Inkel.

«Il a dit que la mère ne s’occupait pas adéquatement de l’enfant. Lui qui a prétendu être un père exemplaire, qui considère son enfant comme ce qu’il y a de plus important à ses yeux, pourquoi n’a-t-il pas avisé la DPJ de la situation dans laquelle sa fille se trouvait depuis deux ans? Il disait craindre là aussi pour sa sécurité, mais n’a rien fait», ajoute la procureure de la Couronne.

Me Inkel croit qu’il est coupable d’avoir lancé une boîte de condoms en métal en direction de son ex-conjointe, ce qui constitue des voies de fait armées, même s’il ne l’a pas atteinte. Il a aussi sorti, de façon musclée, la dame de sa maison.

«Mais il prétend qu’il a gardé son calme, qu’il n’a pas été violent. Il dit avoir déposé la dame sur son lit et sur le gazon, malgré les coups de pieds et de poings qu’elle lui donnait. C’est ce même individu calme qui a soupiré durant le témoignage des plaignantes et qui m’a dit que ce n’était pas de mes affaires (à une question sur ses relations avec ses parents)», de noter Me Inkel.

Concernant l’agression sexuelle, la procureure de la Couronne ne partage pas l’avis de la défense voulant que les événements n’aient pas eu lieu. «C’est l’une des rares fois où la plaignante a démontré beaucoup d’émotion. Elle a été agressée, et ce, même s’il lui a fallu du temps avant de porter plainte.»

Le juge Hudon rendra son verdict le 30 octobre.