La présidente de la CSRS Liz Gagné a entrepris son témoignage, jeudi, devant le juge Guy Roy, du Tribunal administratif du travail du Québec dans le dossier des trois plaintes pour harcèlement psychologique envers Chantale Cyr, du congédiement illégal de cette dernière et de lésions professionnelles.

Procès de Chantale Cyr : Liz Gagné persiste et signe

Même s’il n’est pas facile de vivre avec la pression médiatique dans le dossier du congédiement de Chantale Cyr, la présidente Liz Gagné et les commissaires reprendraient, aujourd’hui, la même décision, car c’est ce qu’il fallait faire.

La présidente de la Commission scolaire des Rives-du-Sagueany (CSRS) a entrepris son témoignage, jeudi, devant le juge Guy Roy, du Tribunal administratif du travail du Québec dans le dossier des trois plaintes pour harcèlement psychologique envers Chantale Cyr, du congédiement illégal de cette dernière et de lésions professionnelles. 

Interrogée sur l’impact médiatique de ce dossier sur sa vie personnelle et familiale, la présidente de la CSRS ne cache pas que c’est difficile.

« Je passe pour celle qui harcèle Chantale Cyr et qui suit le problème à la commission scolaire. Faut vivre avec, mais ce n’est pas facile. J’ai fait mon possible et j’ai été honnête dans ce que j’ai fait », a-t-elle indiqué.

« Malgré tout, si c’était à refaire, je prendrais la même décision. C’était la décision à prendre pour ramener un bon climat au sein de notre organisation. »

Si le mariage entre Chantale Cyr et Liz Gagné semblait avoir « de l’eau dans le gaz », il semble bien que la situation était assez difficile aussi entre la directrice générale et un fort pourcentage du personnel-cadre de la CSRS. 

La présidente de l’organisation scolaire a confirmé avoir reçu des lettres de deux présidentes des associations sur le degré de satisfaction du travail et des relations de Chantale Cyr avec le personnel. Ces documents ont été soumis quelques semaines après que Chantale Cyr soit partie en congé de maladie, en octobre 2017.

« À 92 pour cent, les gens disent que ça ne marche pas avec la cadre de premier niveau. Les gens disaient que la gestion ne correspondait plus à la façon de fonctionner de la commission scolaire et que les employés n’étaient plus motivés. Le lien de confiance n’y était plus », a indiqué Mme Gagné.

Et le 9 janvier 2018, les élus sont allés plus loin dans leurs discussions relativement à ce climat particulier et malsain. 

« Au début de la réunion, il n’était pas question de résilier le contrat. Mais lorsque les élus ont appris pour les cartes-cadeaux afin d’habiller l’ancien président Antonin Simard, ça n’a pas passé. Même chose pour les frais d’avocat pour une plainte de Mme Cyr à la magistrature. C’est l’argent des contribuables. Les élus ont été ébranlés et le lien de confiance n’y était plus. C’est là que nous avons pris la décision de résilier le contrat », a poursuivi la présidente Gagné.

Relations difficiles

Tout au long de son témoignage, Liz Gagné a parlé d’une relation correcte avec Chantale Cyr, mais une relation qui s’est avérée difficile.

« La relation était cordiale, civilisée, mais non chaleureuse. Il est arrivé à certaines occasions où je n’ai pas été invitée à des rencontres, notamment sur une rencontre pour un transport scolaire. J’étais tenue à l’écart. Ça m’a fâché un peu. Je n’ai pas été invitée au brunch de la rentrée, alors que je n’en avais jamais manqué par le passé. Je n’ai pas été offusquée », a témoigné Mme Gagné.

Par ailleurs, sur le fameux coup de coude donné à Chantale Cyr, Mme Gagné rectifie en disant qu’elle a plutôt mis sa main sur l’avant-bras pour lui faire savoir qu’elle pouvait accélérer ses réponses aux employés. 

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PERSONNE N'A PARLÉ À CHANTALE CYR

(SB) — Pour justifier le congédiement, les élus de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay ont beau reprocher à Chantale Cyr d’avoir instauré un climat malsain, d’avoir manqué de leadership et d’avoir autorisé l’achat de cartes-cadeaux, mais personne ne lui a jamais parlé de ces problématiques.

La présidente Liz Gagné a été questionnée par Me Éric Lebel, qui défend les intérêts de Chantale Cyr, sur de nombreux éléments reliés à la résiliation du contrat de travail de la directrice générale seulement 18 mois après son arrivée, le 13 mars 2018 (première décision prise le 18 janvier).

Il est notamment question des cartes-cadeaux offertes à l’ancien président, Antonin Simard, afin de l’habiller pour une rencontre avec le ministre.

« Ce que je reproche à Chantale Cyr, c’est de ne pas avoir dénoncé cette dépense aux commissaires, car c’était sa responsabilité. Ça fait partie des raisons de son congédiement. On ne pouvait pas utiliser des fonds publics pour habiller le président », a répondu Mme Gagné.

Sur le climat malsain à travers la commission scolaire, notamment en lien avec les horaires à l’école Charles-Gravel, Mme Gagné a convenu que la responsabilité n’incombait pas uniquement à la directrice générale.

« Nous avons convenu que ça aurait dû attendre une année avant d’appliquer la convention collective », a-t-elle dit.

Me Lebel a souligné que Mme Cyr avait accordé une année de grâce à cette école polyvalente avant de procéder.

Liz Gagné a aussi mentionné que plusieurs employés de la CS étaient venus lui parler du mauvais climat qu’entretenait la directrice générale. Elle a rencontré plusieurs personnes dans son bureau.

Questionnée à savoir si elle en parlé avec Mme Cyr afin d’avoir sa version, Liz Gagné ne l’a pas fait.

« Non, je n’ai jamais parlé à Chantale Cyr des commentaires faits par les employés, qui sont venus me voir, relativement au climat malsain. Les gens ont parlé des affectations, mais je ne pouvais pas lui reprocher, car je n’étais pas là lorsque ça s’est fait. Je ne connaissais pas les raisons des affectations », de répondre Liz Gagné.

Dans les éléments du congédiement, les élus ont reproché des allocations de dépenses en lien avec un dossier de son ancien employeur (CS Val-des-Cerfs) et d’une plainte à la magistrature.

« Nous n’avons pas parlé de ces dossiers avec Mme Cyr et nous n’avons pas réclamé le remboursement des factures », a répondu Mme Gagné à une question de Me Lebel.

Sur les frais des firmes de consultants, Mme Gagné reproche à la DG de ne pas avoir surveillé le prix des mandats de Gilles Vachon et estime qu’il était injustifié de reprendre l’enquête du Carrefour environnement Saguenay, qui avait été réglé trois ans plus tôt.

« Ça n’aurait pas dû revenir. Oui les élus ont approuvé l’enquête, car ils croyaient qu’il y avait du nouveau dans le dossier. Je reproche aussi le coût (190 000 $ à Quantum) de cette enquête. Je lui reproche d’avoir relancé le dossier et d’avoir demandé une autre enquête. Encore aujourd’hui, c’est le reproche que je lui fais », de dire Liz Gagné.