Les membres du jury doivent décider du sort de David Gilbert, accusé de vol qualifié.

Procès David Gilbert: les jurés séquestrés

Les 12 jurés du procès de David Gilbert sont séquestrés. Les délibérations se poursuivront jusqu’à ce qu’ils en viennent à un verdict unanime.

David Gilbert, ce jeune rappeur de 25 ans, a subi son procès devant jury, la semaine dernière. Il est accusé d’avoir commis un vol qualifié le soir du 3 avril 2018 dans un Couche-Tard de la rue Saint-Dominique, à Jonquière. Il est également accusé de port de déguisement et d’utilisation d’une arme.

Le juge Richard Grenier a donné ses instructions aux 12 jurés, qui ont attentivement écouté le procès durant trois jours.

Rappelons que le Directeur des poursuites criminelles et pénales, représenté par Me Nicole Ouellet, estime que David Gilbert était le leader de ce vol, commis par trois individus et qu’il tenait l’arme à feu utilisée pour dérober le tiroir-caisse, de même que des billets de loterie à gratter. 

Gibert a été filmé, le lendemain matin, en train d’échanger ces billets dans trois dépanneurs. Il portait le même manteau que le voleur masqué filmé la veille, lors du vol qualifié. 

David Gilbert a quant à lui soumis une défense d’alibi, affirmant qu’il se trouvait avec une amie ce soir-là et qu’il a voulu rendre service à ses amis en échangeant les billets de loterie.  

Instructions du juge

Le juge Richard Grenier a donné de longues instructions au jury, lundi matin, notamment sur la crédibilité des témoins, puisqu’il estime que cette cause repose d’abord et avant tout sur cette question. 

Il a également mis en garde le jury sur la défense d’alibi, lequel a été avancé en procès et non pas « en temps opportun », c’est-à-dire durant l’enquête.

La notion de preuve directe et indirecte (circonstancielle) a également été expliquée au jury. Par exemple, le fait que Gilbert portait le même manteau que le voleur doit être jugé comme une preuve indirecte, puisque ça ne prouve pas qu’il était bel et bien l’homme masqué au même manteau la veille. 

Le juge Grenier a aussi expliqué le principe du doute raisonnable, ajoutant qu’un jury ne peut déclarer quelqu’un coupable simplement parce qu’il croit que l’individu « a probablement ou vraisemblablement commis le crime ». Le magistrat a invité les jurés à faire preuve de « gros bon sens » et à juger l’accusé selon la preuve entendue durant le procès. 

Les 12 jurés séquestrés ne peuvent discuter de la cause que s’ils sont tous ensemble. Ils ne rentreront à la maison qu’au terme de leurs délibérations.