Le procès de David Gilbert a débuté lundi.

Procès David Gilbert: le 1er témoin a des trous de mémoire

Le principal témoin du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) dans le procès pour vol qualifié et introduction par effraction du rappeur David Gilbert, Philippe Racine-Fortin, a eu plusieurs trous de mémoire concernant ce qui s’est produit le soir du 3 avril 2018, de même que dans les jours précédant et suivant le crime. Il a toutefois affirmé que c’est l’accusé qui tenait l’arme qui a servi à commettre le vol qualifié dans un Couche-Tard de Jonquière ce soir-là.

Le procès du rappeur a débuté immédiatement après la sélection du jury, lundi en avant-midi, avec la présentation de la vidéo du vol qualifié, filmé grâce à des caméras de surveillance et perpétré avec ce qu’on admettra être une arme à feu non fonctionnelle.

C’est le rap qui avait réuni l’accusé et le témoin, puisque les deux sont musiciens. Philippe Racine-Fortin a toutefois précisé qu’ils n’étaient pas de grands amis.

Vidéo et vol qualifié

Trois individus se trouvaient à l’intérieur du dépanneur au moment de l’événement qui a duré un peu plus d’une minute. Principal témoin du procès de Gilbert, Philippe Racine-Fortin faisait partie du trio (il purge encore une peine de prison en collectivité après avoir plaidé coupable à des accusations de vol qualifié et d’introduction par effraction).

Le témoin a d’abord été invité par l’avocate de la poursuite, Me Nicole Ouellet, à identifier les trois individus sur la vidéo. Il a commencé par s’identifier, puis il a identifié un autre homme du nom de Jean-Philippe Gagnon, ainsi que David Gilbert. Sur la vidéo, c’est d’ailleurs l’accusé qui a été présenté par Racine-Fortin comme celui qui tenait l’arme, sommant la commis de lui rendre le contenu du tiroir-caisse, de même que des billets de loterie. Le trio est ensuite reparti avec deux caisses de bière en bonus. Les hommes étaient vêtus de manteaux d’hiver, de cache-cou et de foulard.

Toujours selon le témoin, les trois hommes sont repartis après le vol, puis il est allé se coucher chez une amie, car « il était fatigué ». Le lendemain matin, Philippe Racine-Fortin s’est rendu dans différents dépanneurs, accompagné de l’accusé, pour faire valider les billets de loterie volés. Ils auraient utilisé l’argent remporté pour acheter de la drogue.

C’est en contre-interrogatoire que les trous de mémoire sont apparus chez le témoin. L’avocat de David Gilbert, Me Louis Belliard, l’a longuement questionné sur l'arme qui avait été utilisée pour perpétrer le vol, puisque des photos de ladite arme avaient été découvertes dans le cellulaire du témoin. Racine-Fortin n’a pas été en mesure de dire pourquoi de telles photos, prises quelques jours avant le vol, se trouvaient dans son téléphone. « Est-ce vous qui avez pris ces photos ? », a demandé Me Louis Belliard.

« Je ne m’en souviens plus », a répondu, à plusieurs questions, le premier témoin du procès. « C’est possible, mais un cellulaire, ça se prête, c’est comme une voiture », a ajouté le jeune homme.

Le témoin a parlé de ses problèmes de consommation de drogue, notamment de cocaïne, de GHB et de cannabis pour expliquer ses pertes de mémoire. Il a admis que le soir du 3 avril, il était « pas mal avancé ».

« Vous voyez bien que c’était bric-à-brac notre affaire, que ce n’était pas tellement planifié. L’arme, c’était un jouet cassé [...] même nos déguisements n’avaient pas d’allure », a affirmé le témoin.

Me Louis Belliard a également questionné le témoin sur des conversations par messagerie, tenues il y a plusieurs mois, quelques jours après le crime. À ce propos, le juge Richard Grenier a rabroué le criminaliste, puisqu’il tentait de mettre en preuve des textos impliquant des personnes qui n’avaient rien à voir avec la présente affaire.

Encore une fois, Philippe Racine-Fortin ne se souvenait plus de ces conversations.

Cette première journée de procès s’est terminée avec la lecture de la déclaration de la commis du dépanneur, qui a raconté avoir cru à une blague lorsque les trois hommes ont fait irruption dans le commerce, mais qu’elle s’était vite aperçu qu’ils ne blaguaient pas lorsqu’elle vu l’arme.

Le procès se poursuit mardi et devrait durer environ six jours.