All Boivin

Procès d’All Boivin: l'enfer pour 8000$ disparus

La présumée victime d’All Boivin a vécu un véritable enfer, durant la journée du 25 juillet, alors qu’elle a été battue à coups de poing et de pied, a été étranglée avec la laisse du chien, s’est fait frapper la tête dans un mur, a été brûlée avec une cigarette et s’est fait mettre la tête sous l’eau à quelques reprises. Tout ça parce que l’accusé a cru qu’elle lui avait volé 8000 $.

La plaignante a passé de nombreuses minutes à raconter cette semaine très difficile de juillet qu’elle a passée avec Boivin à sa résidence du chemin Portage-des-Roches Sud à Laterrière.

Au deuxième jour du procès de l’individu accusé de voies de fait armées, de deux voies de fait, de séquestration, d’agression sexuelle armée, de voies de fait graves, de menaces et de trafic de stupéfiants, la jeune femme de 21 ans a dévoilé les détails de son agression au juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec.

La plaignante a précisé qu’elle et Boivin avaient l’habitude de se chicaner pour toutes sortes de choses. 

Tout a commencé le 19 juillet. À la suite d’une prise de bec, elle a reçu un coup de ventilateur, alors que le duo se trouvait dans la chambre principale. 

Le lendemain, avec des amis, ils ont fait la fête sur le bateau de l’accusé. La victime a eu des relations sexuelles avec d’autres filles, alors que Boivin venait d’être arrêté par les policiers pour une altercation au débarcadère du Lac-Kénogami, à Laterrière.

À son retour à la maison, Boivin et ses invités ont consommé de la boisson, de la cocaïne et du Xanax. Cela a mené l’accusé, la victime et d’autres filles à participer à une partouze.

Non-retour

Cette épouvantable histoire a connu son point de non-retour le 25 juillet lorsque l’accusé et la plaignante sont revenus de l’hôpital de Chicoutimi après être allés s’enquérir de l’état de santé d’une amie victime d’une surdose de drogue.

« Au retour à sa maison, il a cherché son argent et m’a dit qu’il manquait 8000 $. Il m’a accusée de lui avoir volé. Ce n’était pas le cas. Il m’a dit que c’était à moi de surveiller cet argent. C’est là que ç’a dégénéré », a difficilement raconté la jeune femme.

« Il m’a passé bord en bord d’une porte, m’a frappé au visage et au ventre, m’a fessé la tête contre le mur à deux ou trois reprises et m’a aspergé de poivre de cayenne. J’ai crié tellement ça brûlait », a-t-elle poursuivi.

Après avoir réussi à descendre les marches de l’escalier sur les fesses (elle avait mal à tout son corps), la victime a vu Boivin apparaître. 

La jeune femme a alors essuyé à nouveau une pluie de coups de pied et de coups de poing. 

« Il a pris la laisse du chien et m’a étranglée. Il me tenait contre le frigo et me frappait. Il m’a mis quelque chose dans le vagin. J’ai cru que c’était son doigt. Je n’ai jamais pensé que ça pouvait être un objet. C’est à l’hôpital que les médecins ont découvert l’objet », a indiqué la plaignante.

La victime a été poivrée une seconde fois. Elle aurait voulu fuir les lieux, mais en raison du mal, elle n’y arrivait pas. Elle s’est rendue à la salle de bain et a décidé de prendre un bain pour enrayer les brûlures du poivre de cayenne.

C’est là, dit-elle, que Boivin lui a mis la tête sous l’eau.

« J’avais l’impression que ma conscience me lâchait. Tout mon corps me faisait tellement mal. J’avais mal à la tête, aux extrémités de mon corps, dans le dos. Mon corps me lâchait », a indiqué la victime.

All Boivin aurait commencé à frapper sa victime dans la chambre à coucher de sa maison à Laterrière et a poursuivi sa chasse aux coups jusqu’au rez-de-chaussée.

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L'ACCUSÉ N'ARRÊTAIT PAS DE FRAPPER

« Chaque fois que je recevais des coups, je me disais que c’était pour finir, car c’était comme ça habituellement. Mais cette fois, ça n’arrêtait pas. Il me frappait, arrêtait et revenait me frapper. J’ai dit à All d’arrêter, mais il était comme quelqu’un d’autre. C’était noir dans ses yeux. »

La présumée victime d’All Boivin n’en revenait pas d’avoir autant de bleus sur une très grande partie de son corps.

« Lorsque je suis arrivée à l’hôpital, j’avais le foie ouvert et une commotion cérébrale. Je ressemblais à un Schtroumpf tellement j’avais de bleus sur mon corps », a repris la jeune femme de 21 ans, qui témoigne derrière un paravent afin d’éviter les contacts avec l’accusé.

Même si son récit était ponctué de quelques incohérences relativement au moment exact de certains gestes posés par Boivin, la plaignante a témoigné de façon solide.

La version qu’elle a offerte est la même, jusqu’à présent, que celle donnée aux enquêtrices du Service de police de Saguenay (SPS) au lendemain de l’agression, soit il y a plus de sept mois.

Pendant ce temps, All Boivin a fait la moue sur certaines parties du récit de la plaignante et a fait à l’occasion des signes de tête, estimant que ce qu’elle racontait n’était pas la vérité.

La journée de l’agression, la présumée victime avait hâte que son agresseur arrête de la frapper. À un moment donné, elle a vu un homme, qui s’occupait de la piscine, arriver sur les lieux.

« Il ne pouvait me voir, car j’étais couché sur le sofa. All est sorti et lui a demandé s’il pouvait le conduire dans un bar en ville. J’aurais voulu crier, mais je ne pouvais pas tellement j’étais effrayée. »

« J’ai été soulagée lorsque j’ai vu All quitter les lieux, même si je craignais qu’il revienne. Quelques minutes plus tard, deux de ses amis sont arrivés. Ils m’ont trouvée dans un mauvais état et m’ont conduite à l’hôpital », a-t-elle poursuivi.

Quant à savoir pourquoi elle n’avait pas appelé le service des urgences, la victime précise que Boivin a fait en sorte de briser son téléphone cellulaire dès le début de l’altercation.

L’interrogatoire principal de Me Karen Inkel, de la Couronne, est terminé. 

Le contre-interrogatoire de Me Pierre Gagnon se déroule mercredi.