La plaignante dans le dossier d’All Boivin témoigne depuis deux jours sur les agressions qu’elle a subies. Une ordonnance du tribunal fait en sorte qu’elle ne peut être identifiée.

Procès d'All Boivin: la victime garde sa version

La présumée victime d’All Boivin demeure catégorique. Même si elle a des ratés avec sa mémoire, qu’elle ne se souvient pas de la chronologie des coups qu’elle a reçus, la jeune femme affirme avoir été sévèrement violentée par l’homme de 29 ans.

La plaignante a poursuivi son témoignage, mercredi, pour une deuxième journée au procès de l’individu du Portage-des-Roches Sud à Laterrière, qui est accusé de voies de fait graves, de voies de fait armées, d’agression sexuelle armée, de séquestration, de menaces de mort, de deux voies de fait simple et de trafic de stupéfiants pour des événements survenus entre le 19 et le 25 juillet.

La présumée victime de 21 ans répond aux questions derrière un paravent, afin de s’assurer qu’elle ne soit pas en contact avec son présumé agresseur.

Après avoir raconté au juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec, mardi, tous les sévices dont elle aurait été victime de la part de Boivin, la jeune femme a subi un contre-interrogatoire serré de la part de Me Pierre Gagnon.

Ce dernier l’a interrogé sur ses pratiques sexuelles, sur l’utilisation d’objets sexuels lors de ses relations avec d’autres filles, mais a surtout tenté de mettre en évidence quelques contradictions ou imprécisions de la part de la plaignante.

Le criminaliste l’a interrogé sur l’épisode d’étranglement avec la laisse de chien, des coups de poing au ventre que Boivin lui donnait et du moment où il aurait introduit un objet dans son vagin.

« Il me semble que ça lui faisait beaucoup de choses à faire en même temps ! », a mentionné Me Gagnon.

« Je n’ai pas pensé à la façon dont il tenait la laisse. J’essayais simplement de respirer et ce n’était pas facile, car je recevais des coups de poing au ventre en même temps. Il a peut-être pris une pause à un moment donné pour m’insérer quelque chose dans le vagin, mais j’ai senti une douleur. Je ne portais qu’un chandail. J’étais nue et je n’avais pas de bobettes », dit-elle.

L’objet a été trouvé lors d’un examen fait à l’hôpital.

« Mais il y a une chose dont je suis certaine, c’est qu’il m’a battue. Il m’a frappée à de nombreuses reprises au visage et au corps, à coups de poing et de pied. J’ai des trous de mémoire et je ne suis pas en mesure de mettre les événements de manière chronologique dans ma tête. Mais c’est arrivé », a-t-elle répliqué.

Le contre-interrogatoire a donné l’occasion à la défense de mettre en doute la crédibilité de la victime et de son récit sur les événements, notamment ceux du 25 juillet.

Me Gagnon est revenu sur le moment où la plaignante prétend avoir descendu les marches de l’escalier sur les fesses, comme un bébé.

Elle l’a répété à deux reprises, mais l’avocat a fait valoir qu’elle avait dit aux policiers que l’accusé l’avait plutôt poussé en bas des marches.

« Si j’ai dit ça au moment où j’ai été interrogée, c’est que c’était frais à ma mémoire et que ça devait être le cas. Mais en fait, je n’en ai aucune idée. C’est 50-50 », a-t-elle indiqué.

La présumée victime se souvient aussi avoir mentionné aux policières de Saguenay que le Xanax avait été fourni par une amie de Boivin, alors qu’elle répète depuis le début de son témoignage que c’est l’accusé qui donnait les stupéfiants.

« J’ai dit ça pour protéger All, car j’avais peur de lui et j’étais sous le choc lorsque j’ai été interrogée. Mais c’est bien lui qui fournissait les stupéfiants. Avec les policiers, je n’ai pas trop voulu élaborer », a ajouté la jeune femme.

Elle a été questionnée sur une vidéo, datant d’avant les événements, montrant que Boivin l’a prise au cou à deux mains. Elle a dit que ce n’était pas de la violence.

« Je ne cache pas que j’aime être dominée par les hommes dans mes relations sexuelles. Ce geste était comme une marque d’affection dans ce cadre-là. Mais la journée du 25 juillet, lorsqu’il m’a prise par le cou, c’était une agression », a-t-elle répondu.

Quant au fait où elle aurait frappé All Boivin, la femme a indiqué l’avoir giflé une fois, mais ce n’est pas lui qu’elle visait.