Procès d'All Boivin: la plaignante a cru mourir

Le Laterrois All Boivin aurait fait passer une journée d’enfer à une jeune femme, le 25 juillet 2018, en la battant à coups de poing et de pied, en tentant de l’étouffer avec une laisse à chien. Amenée à l’hôpital dans un très mauvais état, la présumée victime a avoué aux policières de Saguenay qu’elle a cru mourir.

Le juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec, a entrepris le procès de l’homme de 29 ans, lundi matin, au Palais de justice de Chicoutimi.

Boivin est accusé de voies de fait graves, d’agression sexuelle armée, de voies de fait armées (avec un ventilateur), de deux voies de fait simples, de séquestration, de menaces de mort et de trafic de stupéfiants.

Me Karen Inkel, de la Couronne, devrait faire entendre la plaignante au dossier, mardi, lors de la deuxième journée du procès d’All Boivin.

Le procès devrait s’échelonner sur près de deux semaines. Me Karen Inkel, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), entend faire entendre 13 témoins, alors que Me Pierre Gagnon, en défense, pourrait en faire entendre trois ou quatre.

Aucune décision n’a encore été prise sur la possibilité que Boivin vienne témoigner. Il faut savoir que ce n’est pas une obligation de la défense.

Lundi matin, le procès a débuté avec le témoignage de l’enquêtrice Josianne Gagnon, du Service de police de Saguenay (SPS). Elle a raconté les circonstances qui ont amené elle et une collègue à interroger la plaignante sur une civière à l’hôpital de Chicoutimi.

Les deux policières s’étaient rendues au centre hospitalier pour obtenir le témoignage de jeunes filles victimes d’une surdose de drogue le 24 juillet au domicile d’All Boivin, au chemin du Portage-des-Roches Sud à Laterrière.

« Mais nous avons entendu le nom de la plaignante (ordonnance de non-publication sur son identité) et nous nous sommes demandé ce qu’elle faisait aux urgences. Une infirmière nous a menés à sa civière en nous disant de ne pas faire le saut, qu’elle était “maganée” », a lancé l’enquêtrice Gagnon.

All Boivin subit son procès pour agression sexuelle armée et voies de fait armées. Il sera au Palais de justice pour plusieurs jours.

« Lorsque nous avons vu son état, nous étions stupéfaites. Comme on dit, la gueule nous est tombée à terre. Elle avait les bras et le visage couverts de bleus », a-t-elle ajouté.

Les policières ont ensuite demandé à la jeune femme ce qui avait bien pu se passer pour qu’elle se retrouve dans un pareil état.

Elle n’a pas hésité à dire que c’est All Boivin qui lui avait infligé toutes ces blessures.

« Il l’avait battue à coups de pied et à coups de poing, lui a aspergé du poivre de cayenne au visage et lui a maintenu la tête sous l’eau. Elle a dit qu’il avait tenté de l’étouffer avec la laisse du chien. Et il a cassé son cellulaire, comme il l’avait fait plusieurs fois auparavant », a poursuivi l’enquêtrice.

Mme Gagnon a pris de nombreuses photos des blessures de la jeune femme. Des bleus au visage, aux bras et aux jambes. Elle a même été agressée sexuellement et l’accusé aurait utilisé un objet. La plaignante avait des bosses dans le dos, car elle prétend que Boivin l’a poussé à quelques reprises au bas de l’escalier.

« Elle m’a mentionné avoir pensé mourir cette journée-là. Elle a été placée sous protection à l’urgence. Nous avons d’ailleurs expulsé quatre personnes le soir même de son admission. Ensuite, lorsqu’elle a été transférée sur un étage, nous avons fait en sorte de la sortir du système afin que personne ne sache où elle se trouvait », a ajouté l’enquêtrice.

Après un examen plus poussé des blessures infligées à la jeune fille, le médecin a, selon la preuve, décelé des lacérations au foie et aux reins, de même qu’un traumatisme crânien.

Et en après-midi, la technicienne en identité judiciaire, Jessie Lalande, a tourné une vidéo de l’intérieur de la maison et a pris des centaines de photographies.

Il a été possible de noter que la résidence du chemin du Portage-des-Roches Sud était sens dessus dessous. Quelques gouttes de sang, appartenant à Boivin, ont été trouvées au sol, de même que de l’ADN de l’accusé et de la plaignante sur la laisse du chien.

Le tribunal devrait entendre, mardi, le témoignage de la plaignante, qui se fera derrière un paravent afin qu’elle n’ait pas de contacts directs avec l’accusé.