Jean-Marc D’Amour a perdu la maîtrise de son véhicule en se rendant au Palais de justice de Chicoutimi, lui qui a manqué dix fois à ses conditions.

Pris en se rendant au palais

Le Chicoutimien Jean-Marc D’Amour était parvenu à éviter la détention ferme dans un dossier de délit de fuite causant des lésions. Mais à force de ne pas répondre aux appels téléphoniques de la probation et après avoir perdu la maîtrise de son camion, alors qu’il était en interdiction de conduire, le tribunal lui a révoqué sa liberté pour un 10e manquement à ses conditions.

L’homme de 55 ans se dirigeait vers le Palais de justice de Chicoutimi, lundi matin. Sachant qu’il était sous mandat d’arrestation, il avait pris la décision de se rendre lui-même aux autorités.

Mais le client de Me Charles Cantin a eu la mauvaise idée de prendre son véhicule afin de faire le trajet entre la maison et le palais de justice. Sauf qu’il ne sera jamais arrivé sur la rue Racine dans son camion. Il a perdu le contrôle aux coins des rues Comtois et Cabot. Il était autour de 14 h 15.

Des témoins ont noté sa conduite erratique jusqu’au moment où il s’est retrouvé sur le terrain d’une résidence. Certains ont même évalué qu’il circulait à près de 70 kilomètres à l’heure. D’Amour est apparu chancelant à sa sortie du véhicule.

Les policiers de Saguenay ont été appelés à se rendre sur place, mais à leur arrivée, l’individu avait quitté le véhicule, prenant soin de prendre une somme d’un peu plus de 800 $ qu’il avait en sa possession, de même que sa valise et un sac.

L’argent devait servir à payer son avocat, alors que la valise et le sac contenaient ses vêtements en prévision de son voyage vers le centre de détention de Roberval.

Même s’il n’était plus sur place, les témoins ont été en mesure de préciser aux agents l’endroit où il demeurait, qui était tout près.

En effectuant le tour du véhicule, les patrouilleurs de Saguenay ont remarqué des traces de sang dans le véhicule.

Inquiets pour la sécurité de l’individu, ils se sont rendus à sa résidence dans le but de s’informer de son état de santé. À leur arrivée, les portes de la résidence étaient verrouillées. Ils ont fait appel à un serrurier afin d’avoir accès à la maison.

Une fois rendus à l’intérieur, les agents ont remarqué d’autres traces de sang et ont pu apercevoir Jean-Marc D’Amour. L’homme était blessé à une main. En plus, il était à demi conscient et une odeur d’alcool était perceptible.

Les policiers de Saguenay ont convenu qu’il était préférable de le conduire à l’hôpital de Chicoutimi afin qu’il puisse recevoir les premiers soins.

Après avoir été soigné par le personnel hospitalier, il a été ramené vers la maison de la justice.

Délit de fuite

Si l’accusé en est venu à se trouver sous mandat d’arrestation, c’est à la suite d’une condamnation en mai 2018.

Il avait reçu une sentence de deux ans moins un jour à être purgé en société. Il lui était aussi interdit de conduire pour une période de 12 mois.

Durant sa détention à domicile, il devait respecter un couvre-feu et répondre aux appels des agents de la probation. Une condition qu’il n’a pas respectée à au moins 10 occasions.

Et la 10e était celle de trop. Le tribunal a lancé un mandat d’arrestation à l’endroit de l’individu de 55 ans.

Me Pascal Lévesque, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), et Me Charles Cantin ont suggéré au juge Richard P. Daoust, de la Cour du Québec, de révoquer la peine en société de l’accusé et de lui imposer une sentence de 30 jours de détention concurrente pour la conduite pendant interdiction.

« Il reste environ 18 mois de détention ferme à faire pour mon client. Nous vous demandons de lui imposer 30 jours de détention de manière concurrente pour la conduite pendant interdiction étant donné qu’il passera encore plusieurs mois derrière les barreaux », a expliqué Me Cantin.

Avant de plaider coupable et de voir sa liberté être révoquée, Jean-Marc D’Amour a confirmé les faits qui lui étaient reprochés et a mentionné au magistrat qu’il plaidait de façon libre et volontaire.

Au moment de confirmer la révocation de la liberté de l’individu, le juge Richard P. Daoust a pris le temps de souligner au prévenu qu’il payait cher ses bris de probation.

« Ça vous coûte assez cher de ne pas avoir suivi les conditions de liberté et d’avoir conduit pendant une interdiction. J’ajoute 12 mois à l’interdiction en vigueur. Le temps que vous allez passer en détention ne comptera pas sur l’interdiction », a conclu le magistrat.