Stéphane Larouche aimerait bien se retrouver un emploi comme préposé aux bénéficiaires, domaine dans lequel il a fait ses études.

Préposé aux bénéficiaires acquitté d'agression sexuelle

Le préposé aux bénéficiaires Stéphane Larouche a été acquitté d’agression sexuelle sur une dame dans une résidence pour personnes âgées. Même si un doute raisonnable a été soulevé dans l’esprit du juge Pierre Lortie, le magistrat n’a pas cru toute la défense de l’accusé.

Le jugement de sept pages a été rendu jeudi matin au Palais de justice de Chicoutimi. 

Larouche, un individu de 45 ans, était accusé d’agression sexuelle et d’avoir incité la plaignante, une personne ayant une déficience mentale, a le toucher sans son consentement alors qu’il était en situation d’autorité et de confiance et la plaignante en situation de dépendance.

Les événements reprochés se seraient déroulés, selon la présumée victime âgée de 70 ans, dans la nuit du 6 au 7 mars 2015. L’accusé a nié avoir commis les gestes.

Selon le récit, la dame aurait avoué avoir rêvé que Larouche lui avait fait l’amour et l’accusé lui aurait répliqué que ça n’arriverait jamais étant donné qu’il était marié et avait des enfants.

Deux jours plus tard, elle a raconté à l’une des responsables de la résidence qu’elle aurait été victime d’un viol.

Aux policiers, la victime raconte que le préposé s’est présenté dans sa chambre en pleine nuit alors qu’il était nu.

« Il m’a réveillée, puis il a mis son bras comme ça autour de mon corps et j’ai dit ‘‘ôte ton bras, tu m’écrases’’. Il a détaché mon pyjama, l’a ôté, il a baissé mes pantalons de pyjama, puis là, il s’est mis à sucer mes seins. Et là, il s’est mis le doigt dans mon vagin. Il m’a dit ‘‘suce-moi donc’’. Il s’est mis à genoux dans le lit et il voulait vraiment que je le suce. J’ai dit non», a relevé le juge dans sa décision.

La plaignante ajoute que Larouche s’est rendu devant la fenêtre de la chambre et s’est masturbé.

Lors du témoignage de l’accusé, le magistrat retient qu’au lieu de dire simplement qu’il ne l’a pas fait, il s’est plutôt attaché à des éléments secondaires.

De plus, Larouche a indiqué que la dame lui a tenu des propos à plusieurs reprises, mais qu’il n’a pris aucune note.

« Pour toutes ces raisons, le Tribunal ne croit pas l’accusé. De plus, sa défense, qui repose sur son seul témoignage, ne soulève pas de doute raisonnable. Mais l’analyse ne s’arrête pas là », poursuit le juge Lortie.

Doute raisonnable

Celui-ci cherche à savoir si la preuve parvient à le convaincre hors de tout doute raisonnable que les infractions ont été commises.

Le magistrat note que la plaignante a tendance à amplifier les situations et qu’elle est facilement en conflit avec les bénéficiaires et les préposés, qu’elle a rêvé faire l’amour avec l’accusé et que la victime a utilisé le conditionnel dans ses propos, laissant que l’information est incertaine ou non confirmée.

Le juge ne retient pas l’affirmation que l’accusé se promenait nu devant une grande fenêtre alors que des gens s’adonnent à des activités extérieures et qu’il aurait été risqué de le faire.

« Ces facteurs pris isolément ne sont peut-être pas déterminants, mais pris dans leur ensemble, ils affaiblissent la fiabilité du récit de la plaignante qui est le seul témoin direct.

« Pour toutes ces raisons, le Tribunal conclut qu’il existe un doute raisonnable à l’égard de la culpabilité et acquitte l’accusé des deux chefs d’accusation », conclut le juge Lortie.