Le juge Richard P. Daoust n’a pas consenti à la demande de l’accusé, qui voulait retourner chez lui quelques semaines, avant de partir pour le pénitencier.

Poursuite policière à Jonquière: l'accusé en prison

Yannick Boies passera les deux prochaines années au pénitencier, après avoir reconnu sa culpabilité à 29 chefs d’accusation, dont menaces envers les policiers, entrave, voies de fait armées, fuite, conduite avec les capacités affaiblies par la drogue, vol, introduction par effraction et conduite dangereuse. L’individu de 23 ans avait été arrêté au terme d’une poursuite policière qui s’était soldée par un accident, le 24 novembre dernier, à Jonquière.

Boies est devenu hors de lui lorsqu’il a compris qu’il se dirigeait vers le pénitencier, après avoir demandé au juge Richard P. Daoust quelques semaines de liberté surveillée chez lui pour dire au revoir à ses proches, ce qui lui a été refusé par le magistrat.

Yannick Boies avait décidé de régler la totalité de ses dossiers, vendredi après-midi, au Palais de justice de Chicoutimi. Détenu depuis le 24 novembre, le jeune homme a plaidé coupable à une série de délits commis depuis le mois de septembre 2017. Il a notamment reconnu avoir mis un couteau sur la gorge d’un ancien codétenu et de lui avoir dit qu’il le percerait.

Yannick Boies a également reconnu sa culpabilité pour des introductions par effraction dans une maison d’habitation dans le but d’y commettre un vol, de s’être sauvé d’un taxi après avoir demandé au chauffeur de le conduire de Québec à Chicoutimi en lui promettant une somme de 400$ et d’avoir menti sur son identité lorsqu’il avait été appréhendé par les policiers, entre autres infractions.

Mais les chefs d’accusation les plus importants avaient été portés à la suite d’un événement survenu à Jonquière, il y a une quinzaine de jours. Yannick Boies a d’abord admis avoir volé un véhicule, le matin du 24 novembre. Lorsqu’il a croisé des policiers qui ont reconnu la voiture volée et fait un virage pour l’intercepter, un peu plus tard cette journée-là, Boies a pris la fuite.

L’avocat de la défense, Me François Dionne

Il a échappé aux policiers sur cinq kilomètres sur le boulevard Harvey, roulant à sens inverse, brûlant feux rouges et arrêts obligatoires, avant d’être percuté par une camionnette. Le véhicule conduit par Boies a terminé sa course contre un lampadaire. Il avait ensuite voulu prendre la fuite à pied, mais il a été épinglé par les agents. Ces derniers ont constaté qu’il était intoxiqué par la drogue, ce que l’accusé avouera ensuite. Boies a été amené à l’hôpital, puisqu’il avait été blessé dans l’accident. C’est à l’hôpital qu’il a proféré des menaces aux policiers qui le surveillaient, notamment qu’il leur ferait un mauvais parti s’il les recroisait dans la rue.

L’avocat de Yannick Boies, Me François Dionne, et le procureur de la poursuite, Me Michaël Bouget, en étaient venus à une suggestion commune de 26 mois de pénitencier, à soumettre au juge Richard P. Daoust.

Mais l’accusé avait une demande à faire au magistrat. En pleurs, il a supplié le juge de pouvoir retourner chez lui quelques semaines, avant de partir pour le pénitencier, histoire de dire au revoir à ses proches et de mettre de l’ordre dans ses affaires.

«J’ai toujours été un mauvais petit gars et je suis conscient que j’ai mis la vie des citoyens en danger. J’ai agi en con. Je voudrais pouvoir dire salut à ma famille et arrêter la drogue pour vrai», a déclaré l’accusé, ajoutant qu’il était prêt à rester chez lui 24 heures sur 24 et à se soumettre à des dépistages de drogue.

Mais le juge n’a pas consenti à la demande de l’accusé. «Je vous comprends. Probablement que si j’étais à votre place, je ferais la même chose. Mais vous avez plaidé coupable à 29 dossiers et vous avez des antécédents. Je ne vous remettrai pas en liberté. Vous avez mis en danger pas mal de monde», a déclaré le juge.

Le procureur de la poursuite, Me Michaël Bourget

Les pleurs de l’accusé se sont ensuite transformés en rage, lorsqu’il a compris qu’il passerait ses deux prochaines années au pénitencier.

Il a d’ailleurs hurlé lorsque les agents l’ont amené en détention, après que le juge lui ait souhaité bonne chance.