La Clinique de gynécologie et d’obstétrique de Trois-Rivières et deux de ses médecins, la Dre Estelle Bélanger et le Dr Jean-Paul Dion, font l’objet d’une poursuite civile pour des fautes professionnelles qui auraient été commises.

Poursuite contre deux gynécologues et une clinique médicale

Trois-Rivières — Une mère de famille a intenté une poursuite de 195 000 $ contre la Clinique de gynécologie et d’obstétrique de Trois-Rivières et deux de ses médecins pour avoir perdu son bébé durant sa grossesse.

Dans une demande introductive d’instance déposée en mai dernier en Cour supérieure, Audrey Cayer, 35 ans et son conjoint, Normand Marcouiller, de Maskinongé allèguent que la Dre Estelle Bélanger et le Dr Jean-Paul Dion ont manqué à leur obligation de diligence, ont fait défaut de se conformer aux standards généralement reconnus dans la profession et n’ont pas agi avec prudence, diligence et compétence.

On peut lire dans cette requête que la dame a appris qu’elle était enceinte en septembre 2015. Toutes les semaines, elle rencontrait la Dre Estelle Bélanger à la Clinique de gynécologie et d’obstétrique de Trois-Rivières pour le suivi de sa grossesse. Au huitième mois, soit vers le 1er mai 2015, une échographie de croissance a été pratiquée par la Dre Bélanger. Peu de temps après, la gynécologue a pris des vacances. Or, elle aurait omis de faire le suivi relativement à l’échographie de croissance. Selon les allégations de Mme Cayer, elle aurait laissé les résultats de l’échographie sur son bureau et non dans son dossier médical, oubliant de l’appeler pour lui dire que son bébé ne se nourrissait pas bien.

Puis, à la mi-mai 2015, Mme Cayer est retournée à la Clinique où elle a alors rencontré le Dr Jean-Paul Dion qui assurait le remplacement de la Dre Bélanger. Lors de cette rencontre, le médecin n’aurait pas pratiqué d’échographie de croissance, et ce, en dépit des interrogations de Mme Cayer sur la nécessité d’un nouvel examen. Toujours selon Mme Cayer, il n’a pas réussi à trouver l’échographie précédente et a donc présumé que tout allait bien.

Malheureusement, Mme Cayer a appris le décès du bébé le 28 mai. Elle a dû être transportée à l’hôpital en taxi pour éviter un empoisonnement. Elle aurait ainsi accouché d’un bébé déjà décédé alors qu’elle arrivait presque au terme de sa grossesse.

Dans la poursuite, Mme Cayer allègue que la Dre Bélanger a admis à son retour de vacances avoir constaté que le bébé ne se nourrissait pas bien et avoir commis une erreur. Elle aurait aussi avoué que «le bébé aurait survécu sans cette erreur» et qu’elle avait «brisé le rêve du couple d’avoir un garçon».

C’est pourquoi Mme Cayer et son conjoint soutiennent que la Dre Bélanger a manqué de diligence en ne faisant pas le suivi relativement aux résultats de l’échographie et que le Dr Dion n’a pas pris les précautions nécessaires pour assurer un suivi adéquat lors des vacances de sa collègue.

On aura compris dans cette requête que Mme Cayer a beaucoup de difficulté à vivre le deuil et ne cesse de penser à son petit garçon décédé. Elle a notamment subi un accouchement long et douloureux mais elle affirme aussi avoir pris le bébé mort dans ses bras pour lui faire ses adieux. Depuis, elle est incapable de retourner sur le marché du travail, a perdu confiance aux intervenants du domaine de la santé et vit beaucoup de colère.

Le couple réclame aux deux médecins et à la clinique 75 000 $ pour les douleurs, souffrances, pertes de jouissance de la vie et divers inconvénients, 70 000 pour le déficit anatomophysiologique évalué à 10 % de 360 000 $ à parfaire au besoin, 45 000 $ en perte de revenus et 5000 $ en frais d’expertise.

Une plainte disciplinaire a par ailleurs été déposée contre la Dre Bélanger au Collège des médecins.

Le Nouvelliste a communiqué avec l’avocat qui défend les médecins mais ce dernier n’était pas disponible pour une entrevue avant lundi. Du côté de la plaignante et de son avocat, ils n’ont pas retourné nos appels.