Le sexagénaire Léon Parent dit maintenant comprendre le tort fait aux jeunes enfants qui se retrouvent sur les images de pornographie juvénile.

Pornographie juvénile: un accusé se dégoûte lui-même

Le sexagénaire Léon Parent, de Chicoutimi, a été envoyé à la détention pour une période de 12 mois après avoir plaidé coupable à des accusations de possession et de distribution de matériel de pornographie juvénile.

Le retraité du milieu hydro-électrique entend tout mettre en oeuvre afin de ne pas se retrouver dans la même situation en faisant notamment une croix sur Internet.

« En regardant tout ça, je me dégoûte moi-même. Je ne veux plus d’Internet. J’en ai fait la promesse à ma conjointe, même si elle doit aussi se priver d’Internet et d’échanger avec ses amies », de lancer Léon Parent.

Le juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec, a accepté la suggestion commune de Me Marianne Girard, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) et de Me Luc Tourangeau, avocat en défense.

L’homme a été arrêté au petit matin du 19 janvier 2017, à la veille de son anniversaire de naissance.

« Lorsque les policiers sont débarqués, ç’a été une bombe à la maison. J’en ai parlé immédiatement à ma conjointe et à mes beaux-enfants. Il était important qu’ils sachent ce que j’avais fait. J’ai eu l’appui de ma famille pour m’aider à m’en sortir », a exprimé l’accusé avant de prendre le chemin des cellules.

« Mais je devais aussi faire des efforts pour m’en sortir. J’ai vu une sexologue et j’ai pu trouver ce qui n’allait pas. Il y a eu cinq ou six éléments qui m’ont mené là. J’ai réglé les problèmes un à un et je vais faire en sorte qu’il n’y ait pas de récidive », a-t-il poursuivi.

L’homme de 61 ans estime être un meilleur homme aujourd’hui qu’il ne l’était il y a 20 mois au moment de son arrestation. Il espère maintenant devenir un meilleur mari, un meilleur beau-père et un meilleur grand-père.

« Hier soir (jeudi), j’ai rassemblé la famille et tout le monde a mentionné vouloir attendre mon retour. »

Léon Parent a donc été arrêté après que la compagnie Microsoft ait fait valoir aux autorités policières que des photos de pornographie juvénile circulaient via Skype. Les policiers ont pu obtenir l’adresse physique reliée à l’adresse IP de l’ordinateur et ont procédé à l’arrestation de l’homme.

Immédiatement, l’accusé a reconnu ce qu’il avait fait. Les enquêteurs ont retrouvé 46 fichiers de pornographie juvénile, dont une montrant un garçon et une fillette couchés nus sur un lit où les parties génitales étaient visibles.

Sans vouloir excuser son client ou expliquer ce qui a pu se passer, Me Tourangeau a mentionné au tribunal qu’il ne fallait pas être un génie pour avoir accès à de la pornographie juvénile sur Internet.

« C’est très facile, mais ça demeure toujours illégal », note-t-il.

Le juge Lortie a précisé que la société réprouve ce genre d’infraction et que les tribunaux sont appelés à être de plus en plus sévères envers la pornographie juvénile.