Roger Desmeules conteste le chef de distribution de pornographie juvénile.

Porno juvénile: il admet la possession, conteste la distribution

Arrêté en novembre dernier, Roger Desmeules admet avoir possédé et accédé à de la pornographie juvénile. Plusieurs images et vidéos présentant des enfants de 2 à 17 ans ont été retrouvées sur le disque dur de son ordinateur, mais le Chicoutimien de 53 ans conteste l’accusation de distribution. Une accusation dont la fourchette de peine vient d’ailleurs d’être revue à la hausse dans un jugement de la Cour d’appel.

Desmeules, un internaute avec des connaissances de base en informatique, ignorait qu’il partageait des fichiers de pornographie juvénile. C’est du moins ce que la défense tentera de prouver dans la deuxième partie du procès qui se déroulera à la fin du mois de septembre. La cause a été ajournée, jeudi au Palais de justice de Chicoutimi, car l’avocat de l’accusé, Me Louis Belliard, a exigé à la dernière minute un expert en informatique pour prouver son point.

Deux enquêteurs spécialisés dans la division Exploitation sexuelle des enfants sur Internet sont venus raconter comment ils ont réussi à arrêter Desmeules. Pour des raisons évidentes, Le Quotidien ne dévoilera pas les techniques et les logiciels utilisés par les policiers pour pincer les « pervers ». Mais de la surveillance automatisée sur plusieurs réseaux de partage permet de retracer assez facilement les consommateurs de pornographie juvénile. Par exemple, au cours des 30 derniers jours, le système utilisé par les policiers signalait 700 consommateurs québécois. « S’il y avait plus d’enquêteurs dédiés à ces crimes, il y aurait davantage d’arrestations », a admis l’enquêteur au dossier, dans un entretien accordé en marge du procès. 

D’ailleurs, Desmeules aurait commencé à consommer ce type de fichier en 2013, selon les données enregistrées par le système de détection. Il n’a pas été arrêté avant, par manque de ressources. 

Le Chicoutimien demeure en liberté pendant les procédures judiciaires, mais il lui est interdit d’avoir accès à Internet. Une condition qui a été légèrement modifiée, jeudi, à la demande de la défense. Desmeules peut utiliser Internet pour la recherche d’emploi et avoir accès à ses comptes bancaires, mais son épouse doit être présente pendant qu’il le fait. Cette dernière a d’ailleurs brièvement témoigné pour raconter comment s’est déroulée l’arrestation. La dame, qui n’a pu retenir les larmes, a raconté que son conjoint était sur Internet le soir pendant qu’elle écoutait ses émissions. 

Si Desmeules est reconnu coupable, il risque une peine de quelques années de prison. La récente affaire de l’Almatois Raynald Régnier a d’ailleurs fait grimper les peines liées à la distribution de pornographie juvénile. En 2017, le Jeannois avait obtenu une peine de 18 mois de prison pour les mêmes accusations. Mais en mars dernier, la Cour d’appel a infirmé la décision et doublé sa peine, passant ainsi à 36 mois. Ce nouveau verdict a donc ouvert la porte à des peines plus sévères dans ce type d’accusation.