Pagé, 22 ans, avait été arrêté au printemps 2016 après que des collègues de classe eurent noté des propos inquiétants de sa part sur les réseaux sociaux.

Porno juvénile et menaces: Pagé part pour la prison

L’ex-étudiant en Techniques policières du Collège d’Alma Alex Pagé écope d’une peine de six mois moins un jour de détention pour avoir été pris en possession de pornographie juvénile et d’avoir proféré des menaces de mort à l’endroit des femmes. Il doit, par le fait même, faire une croix sur une carrière d’agent de la paix.

Le juge Jean Hudon, de la Cour du Québec, a entériné la suggestion commune de Me Nicole Ouellet, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), et de Me Charles Cantin, en défense. Il ajoute une probation de 18 mois avec suivi et de nombreuses conditions de remise en liberté.

Pagé, 22 ans, avait été arrêté au printemps 2016 après que des collègues de classe eurent noté des propos inquiétants de sa part sur les réseaux sociaux. Ils avaient immédiatement alerté les autorités collégiales et les policiers de la situation.

L’individu avait notamment mentionné qu’il comprenait le geste de Marc Lépine, l’auteur de la tuerie à la Polytechnique de Montréal, et qu’il devrait peut-être lui aussi agir de la même façon.

Lors de son arrestation, Pagé avait offert sa collaboration aux policiers, en leur précisant qu’ils trouveraient probablement des photos de pornographie juvénile dans son téléphone cellulaire.

« Je vais entériner la suggestion commune. On m’a donné des explications sur les accusations très différentes. Même si vous n’étiez probablement pas pour passer à l’acte, les propos étaient inquiétants. Quant à la pornographie juvénile, vous ne connaissez pas l’identité des jeunes filles, mais le fait d’en regarder et d’en avoir en sa possession fait en sorte que ces adolescentes sont victimes d’individus qui les obligent à faire les photos », a expliqué le juge Jean Hudon.

Dans leur suggestion, les avocats ont tenu compte du jeune âge de l’accusé, de sa réhabilitation et de l’absence d’antécédents judiciaires.

« Les accusations étaient importantes, d’autant qu’il était étudiant en Techniques policières. Nous avons tenu compte du cheminement, du plaidoyer de culpabilité, du fait de ne pas faire témoigner les victimes et qu’il y a une certaine réhabilitation. On a imposé la peine minimale et on a donc tenu compte de l’individualisation des peines », a précisé Me Ouellet.

En défense, Me Charles Cantin a mentionné que son client était très repentant et qu’il a fait beaucoup de chemin depuis son arrestation.

« Ça peut faire drôle à dire, mais il sera une meilleure personne qu’il ne l’était avant, après toute cette histoire. La peine a été mûrement réfléchie et analysée. C’était un dossier assez difficile en raison de la conjugaison des menaces et de la possession de pornographie juvénile. Nous n’avions pas beaucoup de possibilités de négociation sur la peine vers le bas », de dire Me Cantin.

« Nous avons renoncé à contester la constitutionnalité de l’article, après avoir soupesé les décisions de la Cour suprême du Canada. Et après avoir analysé de façon sérieuse les tenants et aboutissants des jurisprudences, il était plus sage d’en rester à une suggestion commune, plutôt que de risquer une sentence beaucoup plus sévère », précise le criminaliste.

À sa sortie de détention, Pagé poursuivra ses études en informatique à l’Université du Québec à Chicoutimi. Le tribunal lui autorise l’utilisation d’un ordinateur et d’Internet, mais uniquement dans le cadre des travaux scolaires.  Pas question pour Pagé de créer une page Facebook ou ­d’échanger avec des jeunes de moins de 16 ans. Il devra fournir un ­échantillon d’ADN et ne ­pourra être à proximité d’une école ou d’un parc.