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Hôpital de Roberval.
Hôpital de Roberval.

Plainte contre l’hôpital de Roberval: Jane-Mélina Weizineau a confiance que justice sera faite

Guillaume Pétrin
Guillaume Pétrin
Le Quotidien
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Malgré les sévices et menaces dont elle aurait été victime en février à l’hôpital de Roberval, ce qui l’a menée à porter plainte contre l’établissement, Jane-Mélina Weizineau a confiance que justice soit faite au terme de l’enquête. Elle espère maintenant que sa dénonciation va faire en sorte que de telles histoires n’arrivent plus jamais.

Le 14 février, la femme atikamekw doit se rendre d’urgence à l’hôpital de Roberval afin d’y recevoir des soins. C’est durant ce bref séjour qu’elle affirme avoir été victime de mauvais traitements de la part d’un préposé aux bénéficiaires, alors que celui-ci aurait insulté Mme Weizineau, avant de la menacer si celle-ci portait plainte.

Un infirmier l’aurait également blessée au bras lors d’un test de pression, sans toutefois s’excuser.

En entrevue avec Le Quotidien, la mère de famille de quatre enfants et vivant à Roberval ne cache pas avoir eu des idées noires à la suite de cette mésaventure.

« Je voulais me suicider au début. Je faisais des crises d’anxiété et de l’insomnie. Mon médecin de famille m’a même prescrit des pilules pour dormir, car je n’y arrivais plus. »

Mme Weizineau confirme que c’était la première fois qu’elle vivait pareille situation à l’hôpital, mais que depuis qu’elle en est ressortie, elle n’y a pas encore remis les pieds.

En revanche, elle va de mieux en mieux. « C’est moins pire aujourd’hui, mais j’ai encore peur d’aller à cet hôpital. » Elle ajoute que son plus vieux a lui aussi peur de se rendre à l’hôpital de Roberval.

Elle raconte également avoir répondu aux questions des enquêteurs d’une firme externe et elle leur fait pleinement confiance. Elle sent que sa plainte a été prise au sérieux et espère que les choses changeront pour le mieux. Pour l’instant, elle ne sait pas encore si elle sera dédommagée d’une façon ou d’une autre.

Réponse du CIUSSS

Invité à réagir, le CIUSSS a limité ses commentaires puisqu’une enquête est actuellement en cours.

Dans un échange de courriels avec Le Quotidien, Pierre-Alexandre Maltais, conseiller cadre aux communications et relations médias, avait tout de même cette réponse à offrir.

« Nous ne sommes pas en mesure de confirmer qu’une plainte formelle a été adressée à l’établissement en raison de la confidentialité de cette démarche. Par contre, nous avons été informés des potentielles allégations adressées et la direction du CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean a demandé à ce qu’une enquête externe ait lieu afin de ne prendre aucun risque et de mettre en lumière les faits allégués. L’enquête externe est présentement en cours. »

Centre d’amitié autochtone du Lac-Saint-Jean

Pour sa part, Mélanie Boivin, directrice générale du Centre d’amitié autochtone du Lac-Saint-Jean (CAALSJ), croit que cette situation démontre bien l’une des nombreuses problématiques auxquelles sont confrontés les autochtones vivant en milieu urbain.

« Il y a l’accès au logement, l’itinérance, la toxicomanie, mais il y a le racisme et la ségrégation culturelle qui sont aussi des enjeux importants. »

Elle croit que tout ceci est étroitement lié au mouvement des autochtones vers les mieux urbains. « C’est relativement récent tout ça. Par exemple, il y a de plus en plus d’Atikamekw d’Obedjiwan qui migrent vers Roberval et s’installent en ville », raconte-t-elle.

Elle souligne que la peur d’être soigné à l’hôpital est bien réelle chez les autochtones. « Ça vient de loin, d’aussi loin que les histoires de pensionnats (…) Il y a encore de graves séquelles intergénérationnelles. »

Parmi les autres facteurs ciblés, la directrice générale du CAALSJ souligne la barrière linguistique. « On étudie ce phénomène (…) Ils n’ont pas toujours le vocabulaire suffisant pour exprimer adéquatement leurs besoins. Ça occasionne des malentendus. »

Comme solution, des consultations devront se faire entre les différents intervenants concernés et des canaux de communication efficaces auront besoin d’être mis en place.

Elle rappelle également que les discussions doivent se poursuivre avec le CIUSSS afin de déployer plus de ressources en vue d’améliorer l’accessibilité aux services pour les autochtones. Elle espère qu’une table de concertation verra le jour rapidement.