Pinette-Hervieux accusé de meurtre prémédité

Jean-Léon Pinette-Hervieux est accusé de meurtre au premier degré, l’accusation la plus grave du Code criminel canadien, pour le geste qu’il a posé mardi après-midi en assénant un coup de couteau à sa victime. L’individu de 22 ans d’Alma venait à peine de sortir de détention lorsqu’il a semé la terreur et le désarroi sur son passage.

Il a comparu, mercredi après-midi, au Palais de justice d’Alma. En plus du meurtre prémédité d’un homme de 46 ans de Jonquière, il est aussi accusé de deux tentatives de meurtre, ayant commis des voies de fait armé d’un couteau sur deux autres présumées victimes. Une ordonnance du tribunal empêche les médias d’identifier les victimes au dossier – même si celle de la personne assassinée avait été publiée dans les heures suivant le drame.

Le client de Me Sébastien Talbot a comparu en après-midi devant le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec. Une comparution de quelques minutes où Pinette-Hervieux est apparu vêtu d’une combinaison blanche de la détention et est demeuré impassible devant le tribunal.

Des membres de la famille de la victime et des amis étaient présents pour assister à la comparution.

Me Mélanie Paré, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), a remis une preuve partielle à l’avocat de la défense.

Ce dernier a demandé à ce que l’enquête caution, sans assignation, soit tenue le 25 septembre, le temps d’évaluer l’accusé.

Pinette-Hervieux aurait frappé mortellement d’un coup de couteau sa victime, alors que celle-ci s’affairait à donner un coup de main à un ami pour des travaux de rénovation, mardi après-midi.

L’accusé est passé sur le trottoir, a vu la victime en train de découper une pièce pour les rénovations et l’a frappée avec le couteau. L’homme a malheureusement rendu l’âme plus tard.

S’il est reconnu coupable, il sera condamné à la prison à perpétuité sans possibilité de libération avant 25 ans.

Jean-Léon Pinette-Hervieux a comparu au Palais de justice d’Alma. Il est accusé de meurtre prémédité (premier degré) d’un homme de 46 ans.

70 pages d’antécédents

Pinette-Hervieux est bien connu des milieux policiers et judiciaires. Son casier judiciaire est très imposant et il compte plus de 70 pages d’antécédents chez les adultes seulement. Il en avait accumulé plusieurs alors qu’il était adolescent.

Il semble, selon les informations obtenues, qu’il n’était « pas un individu facile », même à l’adolescence.

« Déjà, à l’école secondaire, nous disions qu’il ne pouvait être laissé seul dans la rue, et ce, même lorsqu’il n’était pas sous l’influence des stupéfiants. Il était dangereux et avait même agressé une adolescente à l’époque », a mentionné un ancien enseignant, qui préfère ne pas être identifié.

L’enseignant trouve très regrettable ce qui est arrivé à la victime. Il ne comprend pas que les citoyens aux prises avec des troubles mentaux et de comportement ne soient pas plus surveillés. « Il n’aurait jamais dû être dans la rue. À l’époque où il était dans ma classe, on disait à la direction que ça n’avait aucun sens qu’il soit parmi les autres étudiants, mais on nous disait qu’il fallait tout faire pour l’intégrer et tenter de le réhabiliter », a-t-il confié.

LA DÉFENSE « N'ÉCARTE AUCUNE OPTION »

La défense analysera dans les jours à venir la possibilité d’obtenir une évaluation psychiatrique pour Jean-Léon Pinette-Hervieux quant à son aptitude à comparaître ou à sa responsabilité criminelle.

Me Sébastien Talbot, en défense, n’a pas eu le temps de discuter bien longtemps avec son client, mercredi, au Palais de justice d’Alma.

« J’ai pu lui parler très peu de temps. C’est une option que je vais garder si je vois que ça peut aller vers ça. Pour le moment, je n’écarte aucune option. Pour l’instant, il semblait comprendre, mais la rencontre a été assez rapide », de noter Me Talbot.

Pinette-Hervieux avait été condamné en mai 2018 à 36 mois de détention pour des gestes de violence envers un codétenu et un gardien de prison et pour d’autres dossiers de violence. Comme il avait purgé du temps préventif, il était demeuré dans un centre de détention provinciale. Il avait été libéré récemment. « Je ne sais pas exactement à quel moment il a été remis en liberté, mais je sais que ça s’est fait récemment », a poursuivi Me Talbot, dont le client possède plusieurs sentences de détention.

Au moment de la dernière condamnation de Pinette-Hervieux, le juge Paul Guimond, de la Cour du Québec, avait laissé voir que l’individu représentait un haut risque de récidive. Malheureusement, les faits lui auront donné raison.

Du côté du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), Me Mélanie Paré ne croit pas qu’elle déposera de nouvelles accusations contre l’accusé.

« Il est certain que lorsque des accusations sont déposées, peu importe la nature des accusations, c’est que nous avons la conviction morale de faire une preuve hors de tout doute raisonnable. Et tous les chefs qui ont été portés aujourd’hui, j’ai la preuve qui justifie les accusations portées contre M. Pinette-Hervieux », a indiqué Me Paré.

Me Mélanie Paré (à gauche) ne croit pas qu’elle déposera de nouvelles accusations contre l’accusé.