Alexandre Côté-Jennis devrait livrer sa version des vols qualifiés qu’il a commis entre 2017 et 2018.

Personne n’a forcé Côté-Jennis à voler

Si Alexandre Côté-Jennis a commis sept vols qualifiés et tenté d’en faire deux autres, il ne l’a pas fait sous la menace pour payer ses dettes de drogue.

Du moins, c’est la version donnée par la jeune femme qui a conduit l’accusé au dépanneur Maestro, de la route Madoc, à Saint-Honoré, le 1er novembre 2018, lorsqu’il a commis son dernier vol qualifié.

Côté-Jennis a plaidé coupable il y a plusieurs mois à sept vols qualifiés et deux tentatives de vols qualifiés. Lundi, Me Ouellet et Me Olivier Théorêt, en défense, étaient rendus aux représentations sur sentence pour l’individu de 25 ans. Il avait enregistré les plaidoyers avant de commettre son dernier vol qualifié à Saint-Honoré.

Interrogée par Me Nicole Ouellet, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), la femme de 23 ans n’a pas caché avoir échangé des conversations sur Messanger avec Côté-Jennis la journée même du vol qualifié et confirme avoir consommé de la cocaïne en sa compagnie, même s’il n’a jamais payé sa part.

Mais jamais elle ne lui a suggéré ou forcé à faire des vols qualifiés pour payer sa dette ou même de lui avoir dit qu’elle lui enverrait des gens pour lui casser les dents ou les jambes.

Devant le juge Richard P. Daoust, de la Cour du Québec, la témoin de la Couronne a indiqué que Côté-Jennis l’avait contacté le 31 octobre 2018 et lui a dit qu’il aimerait bien la voir.

Elle est allée le chercher près du terminus d’autobus à Chicoutimi le lendemain et ils sont partis tous les deux en voiture. L’accusé a demandé à la conductrice d’arrêter au Dollorama de la rue Racine.

L’accusé y a cueilli une tuque, un cache-cou et des gants. Ils ont ensuite repris la route en direction de Saint-Honoré. Côté-Jennis lui a demandé de s’arrêter au dépanneur et de stationner le véhicule à quelques dizaines de mètres du commerce. « Je n’ai pas posé de questions et je suis bien contente de ne pas l’avoir fait. Il est sorti de ma voiture et il a mis la tuque, le cache-cou et les gants. Je ne suis peut-être pas vite, mais je n’ai pas compris qu’il allait commettre un vol qualifié. C’est en le voyant ressortir au pas de course que j’ai saisi ce qui se passait. C’est là que j’ai allumé. Il m’a dit roule, roule vite. »


«  Je ne suis peut-être pas vite, mais je n’ai pas compris qu’il allait commettre un vol qualifié. C’est en le voyant ressortir au pas de course que j’ai saisi ce qui se passait.  »
La témoin

« Dans la voiture, j’ai vu une pile de 20 $. Il devait y avoir un peu plus de 100 $. C’est là qu’il m’a dit avoir fait le dépanneur. Il m’en a offert, mais je ne voulais rien savoir de son argent volé. Je travaille fort pour gagner ma paie, je ne voulais pas de cet argent », a mentionné la jeune femme.

Contre-interrogée par Me Théorêt sur la possibilité qu’elle puisse avoir suggérée à l’accusé d’aller vers le dépanneur pour y commettre un vol, la témoin a été catégorique.

« Je n’ai jamais forcé qui que ce soit à faire des choses. Je ne lui ai jamais suggéré de faire un dépanneur pour rembourser ce qu’il me devait. Oui, il a eu une dette de drogue à mon endroit, environ 700 $ ou 800 $, pour la cocaïne que nous avions consommée. Mais il ne m’a jamais payé. Et je ne l’ai jamais menacé de lui faire péter les dents ou les jambes », a-t-elle expliqué.

La jeune femme a d’ailleurs précisé, preuve d’un texte sur Messanger à l’appui, qu’elle avait elle-même réglé la dette de Côté-Jennis en mars 2018, bien avant le vol du 1er novembre, tout en lui disant qu’elle espérait ne plus avoir à le croiser quelque part.

« J’ai toujours eu un bon coeur. J’ai donné des lifts à ce gars et je l’ai encouragé à aller porter des curriculum vitae. Et voilà où cela m’a amené (en cour) », a conclu la témoin de la Couronne.

Le dossier sur sentence se poursuit mardi. Côté-Jennis témoignera à son tour et à la lumière du contre-interrogatoire, il se pourrait qu’il tente de faire valoir qu’il n’aurait pas commis ces crimes de son plein gré.