Francine Haché, la mère de Kathleen Haché-Binette, a livré un témoignage émotif, jeudi matin, lors des représentations sur la peine dans le dossier de Jean-Philippe Blanchette.

Peine de Jean-Philippe Blanchette: la mère de Kathleen Haché-Binette livre un témoignage émotif

« Kathleen était trop jeune pour mourir. C’est moi qui aurais dû partir avant elle. Elle était ma confidente et mon amie. Vous avez dit qu’elle ne méritait pas ça. Elle ne méritait pas d’être aimée par un homme qui consommait. Mais parce que ma fille t’aimait, je te (Jean-Philippe Blanchette) pardonne, mais ça ne veut pas dire que je vais oublier. Ça ne fait que soulager un peu ma douleur. »

La mère de Kathleen Haché-Binette, Francine, a livré un témoignage émotif, jeudi matin, lors des représentations sur la peine dans le dossier de Jean-Philippe Blanchette.

Celui-ci a été reconnu coupable par un jury de 11 personnes d’avoir conduit un véhicule automobile en état d’ébriété (.142) causant la mort de sa conjointe le soir du 15 août 2014 dans un sentier hors route au bout de la rue Jobin, à Chicoutimi. Son Jeep est tombé dans un ravin et a effectué quelques tonneaux. La jeune femme de 27 ans est décédée sur le coup.

Même si les deux femmes demeuraient loin une de l’autre (Val-D’Or et Chicoutimi), elles se parlaient régulièrement via Skype ou au téléphone. 

« Kathleen était heureuse. Elle venait de commencer à travailler comme guide au Zoo de Falardeau, elle qui aimait tellement les animaux. »

Francine Haché s’est adressée à Jean-Philippe Blanchette en lisant les grandes lignes d’une lettre qu’elle avait rédigée.

« Je te remercie d’avoir dit la vérité à propos de Kathleen. Mais c’est à cause de toi que j’ai perdu la seule fille que j’avais, c’est à cause de toi que ses trois frères ont perdu leur soeur et c’est à cause de toi que ma petite-fille Laurence a perdu sa maman », a poursuivi la mère de la victime. 

« Tu as dit que tu avais arrêté de boire à cause de cette affaire-là. J’aurais aimé que tu dises que c’était à cause de cet accident-là. Ça m’a fait mal », a-t-elle ajouté.

Francine Haché espère que Blanchette a pris conscience de tout le mal qu’il a fait, surtout lorsqu’il lui a fait le bouche-à-bouche pour tenter de lui sauver la vie.

La dame aurait bien aimé que l’accusé pense aux conséquences de conduire en boisson avant de prendre le volant lors de cette soirée fatidique.

Jean-Philippe Blanchette a témoigné jeudi matin au Palais de justice de Chicoutimi.

Blanchette témoigne

L’accusé s’est aussi adressé au tribunal. Il regrette ce qui s’est passé et n’a jamais voulu que ça se passe comme ça. 

« Je regrette de ne pas être mort, mais ce n’est pas moi qui décide. Je m’excuse grandement auprès de la famille de Kathleen. Tout le monde a perdu un gros morceau de sa vie dans cet accident, moi compris », précise Blanchette.

« Je n’ai jamais voulu ça. C’est un drame qui est arrivé. Ce fut la pire journée de ma vie. Nous pratiquions des activités que l’on aimait. On voulait juste se rendre heureux », a-t-il dit.

Ce dernier reconnaît qu’il avait consommé de l’alcool ce soir-là, mais il croit tout de même que l’accident mortel aurait pu se produire sans alcool.

« Je n’avais pas l’impression que j’avais les facultés affaiblies. Il est difficile d’évaluer que j’étais rendu à plus de .08. J’avais l’impression que tout était correct et je crois que l’accident serait arrivé tout de même. »

Jean-Philippe Blanchette dit aujourd’hui qu’il aimerait refaire le fil de la soirée mortelle et que s’il avait su ce qui allait se passer il aurait probablement changé des choses.

« Si j’avais su, j’aurais fait autre chose », a-t-il conclu.