Rock Normandin pourra continuer à conduire un véhicule automobile.

Pas de preuve qu'il était ivre

L’Ambroisien Rock Normandin écope d’une peine de six mois de détention en collectivité et ne se voit imposer aucune interdiction de conduire même s’il a été arrêté avec les symptômes d’un individu en état d’ébriété.

L’homme d’une cinquantaine d’années a été intercepté par les policiers de la Sécurité publique de Saguenay (SPS) le dimanche 17 septembre. Son véhicule avait effectué une sortie de route dans le secteur de Shipshaw. 

À l’arrivée des policiers, personne ne se trouvait dans le véhicule. 

Les agents ont retracé Normandin à quelques centaines de pieds du lieu de l’accident. Il se trouvait dans l’herbe haute. Il s’est rapporté lui-même aux patrouilleurs.

Le client de Me Charles Cantin présentait de nombreux symptômes d’état d’ébriété, mais lorsque les agents ont voulu lui faire passer le test de dépistage d’alcool, le multirécidiviste de l’alcool au volant a refusé de se plier à la demande.

Il n’a pas non plus mentionné aux agents qu’il se trouvait derrière le volant. Il a plutôt identifié une autre personne, qui n’était plus sur les lieux de la sortie de route.

Normandin a plaidé coupable à un refus d’obtempérer et à un méfait de moins de 5000 $ pour avoir coupé l’arbre de son voisin sans en avoir eu le droit et la permission.

Rock Normandin a déjà été condamné à quatre reprises pour des conduites avec les facultés affaiblies. 

Il a déjà purgé des sentences de 14 et 90 jours de détention et des amendes. 

S’il avait été reconnu coupable de conduite avec les facultés affaiblies, il s’exposait à une peine minimale de 120 jours de détention.


Nous ne pouvons prouver que l’accusé était derrière le volant au moment de la sortie de route.
Nicole Ouellet, du DPCP

Doute raisonnable

Même si tout peut laisser croire, aux yeux du public, que Normandin se trouvait en état d’ébriété et qu’il était derrière le volant, le ministère public doit être en mesure de le prouver hors de tout doute raisonnable. 

Dans le cas présent, cette preuve n’a pu être faite, d’autant plus qu’aucun témoin n’a voulu collaborer avec les policiers et la Couronne.

« Nous ne pouvons obtenir un plaidoyer de culpabilité sur les facultés affaiblies (odeur d’alcool, yeux injectés de sang, etc.), car nous ne pouvons prouver que l’accusé était derrière le volant au moment de la sortie de route. Nous n’avons pas de preuve de conduite de sa part », mentionne Me Nicole Ouellet, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

D’ailleurs, le criminaliste Cantin avait été très clair sur la défense qu’il entendait offrir au moment de la comparution de son client.

« Nous allons contester la conduite automobile. Mon client n’a pas été vu derrière le volant et il n’a jamais dit qu’il était le chauffeur », avait mentionné Me Cantin.

Les deux parties ont soumis au juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec, qu’il soit précisé qu’il n’y aura pas d’interdiction de conduire au criminel et à la Société de l’assurance-automobile du Québec.

Quant à l’arbre coupé, Normandin devra dédommager la victime pour une somme de 400 $. 

Il est soumis à certaines conditions de remise en liberté.