Pas à l’aise de plaider coupable devant la juge

Un multirécidiviste de l’alcool au volant, Yvan Lagacé, a convenu de plaider coupable à une cinquième accusation de conduite avec les facultés affaiblies, mais à une date ultérieure. Le client de Me Charles Cantin ne se sentait pas à l’aise de plaider coupable devant la juge Sonia Rouleau, puisqu’elle avait agi comme procureure de la poursuite dans l’un de ses dossiers antérieurs.

L’individu fait face à une cinquième accusation de conduite sous l’influence de l’alcool. Sa dernière condamnation en semblable matière remonte à une vingtaine d’années, soit en 2001. Toutefois, l’individu a entre-temps été condamné à un chef d’accusation de conduite dangereuse et trois accusations de conduite durant interdiction.

L’homme était de passage devant la juge Sonia Rouleau, mais son avocat, Me Charles Cantin, a demandé à ce que les plaidoyers de culpabilité soient enregistrés à une date ultérieure.

La magistrate, voyant que le dossier avait déjà été remis à deux reprises, a demandé pour quelle raison on ne pouvait pas le faire immédiatement.

« Il y a un conflit d’intérêts. Vous ne vous souvenez pas de moi ? », a demandé l’accusé à la juge.

« Pour être honnête, pas vraiment », a répondu la magistrate.

Me Charles Cantin estime que la criminalité de son client va en diminuant.

« Vous étiez procureure de la Couronne dans un de mes anciens dossiers et ça ne me tente pas tellement que vous me jugiez », a rétorqué l’homme.

La juge de la Cour du Québec a convenu que ce n’était pas l’idéal et elle a consenti à reporter la cause à une autre date. Elle a toutefois voulu s’assurer que l’homme plaiderait bien coupable à la prochaine date, ce qui a été convenu.

Outre ses dossiers de conduite, Yvan Lagacé avait écopé de peines de détention pour des séries d’introduction par effraction en 2012 et en 2016.

Me Charles Cantin, en défense, a tenu à spécifier que les crimes commis par son client allaient en diminuant et qu’il faisait des efforts pour s’en sortir.

D’autres personnes plaident coupables

Par ailleurs, plusieurs autres cas de conduite avec les facultés affaiblies ont occupé les heures de cour, durant la journée de mardi, au Palais de justice de Chicoutimi.

La juge Sonia Rouleau a tenu à donner de sérieux avertissements aux conducteurs fautifs.

« Attendez-vous d’être en première page du journal ? Et détenu ? », a affirmé la magistrate, à deux hommes qui venaient de plaider coupable à des accusations de conduite avec les facultés affaiblies.

Elle a également rappelé les risques de conduire en état d’ébriété, notamment celui de causer un accident et de faucher la vie de quelqu’un.