Palais de justice de Roberval

Palais de justice de Roberval: une cure de 62M$

Après 30 années de revendications et d’attente, le Palais de justice de Roberval sera agrandi, rénové et offrira trois fois plus d’espace que l’emplacement actuel en raison d’un investissement de 62 millions de dollars de Québec.

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, et la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, en ont fait l’annonce, lundi matin, dans l’établissement du boulevard Saint-Joseph. 

Ce projet deviendra réalité à compter de 2020 ou au plus tard en 2021 lorsque la machinerie lourde aura quitté le site.

Le premier appel d’offres sera lancé dès le 14 décembre afin de recruter un gérant de construction, des ingénieurs et des architectes pour élaborer les plans et devis du futur bâtiment.

« Je croyais que les projets de rénovation et d’agrandissement dataient de 2008, mais on me dit que ça fait 35 ans que l’on en parle. Une étape majeure vient d’être franchie. Nous nous sommes mis d’accord sur le projet lui-même et le budget qui lui est réservé. L’argent est dans un coffre et sur l’enveloppe, il est marqué dessus Palais de justice de Roberval », a d’abord mentionné le premier ministre et député de Roberval.

Au fil des derniers mois, les intervenants du milieu judiciaire ont analysé les besoins du vétuste bâtiment de Roberval. Pour agrandir les installations de 300 pour cent, les autorités achèteront trois parcelles de terrain et érigeront un bâtiment de trois étages.

Des trois salles en place, le palais de justice comptera sur une nouvelle salle d’audience, une de conférence de règlement à l’amiable, une de témoignage et une d’autorisation judiciaire. Au total, 11 salles pour les consultations d’avocats et leurs clients et pour les rencontres des victimes seront aménagées.

La sécurité des victimes, de la magistrature et des autres clientèles sera améliorée.

« En arrivant ici et en arpentant les corridors, on voit à quel point l’installation a besoin d’être modernisée. On nous a parlé des enjeux que cela représente pour la circulation, alors que les victimes et les plaignants se retrouvent côte à côte dans le corridor. Il y a aussi très peu d’espace pour les avocats afin de leur permettre de rencontrer leurs clients. En 2017, on ne peut plus accepter ça », reprend le premier ministre.

M. Couillard précise aussi que l’arrivée d’un gérant de projets permettra d’ouvrir plusieurs appels d’offres au lieu d’en avoir un seul pour l’ensemble du projet.

« Ça présente plusieurs avantages sur le contrôle des échéanciers, et je ne le cacherai pas, sur les retombées locales et régionales. Ça donne plus de chances comme ça aux entreprises régionales », dit-il.

Les activités judiciaires se dérouleront comme à l’habitude durant les travaux, malgré les inconvénients.

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée et le maire de Roberval, Sabin Côté, étaient heureux d’annoncer l’agrandissement et la rénovation du Palais de justice de Roberval.

Le milieu se réjouit

« Ce projet finalise pour Roberval la réalisation d’un pôle qui devient la place de la justice au Lac-Saint-Jean avec le Centre de détention et le palais de justice. »

Le nouveau maire de Roberval, Sabin Côté, se réjouit de cet investissement, surtout que les retombées économiques seront assez importantes pour la municipalité.

« On a eu aussi l’entière collaboration du gouvernement du Québec pour que l’emplacement soit maintenu dans notre beau centre-ville. Et dernier volet de mon intervention, avec la Société québécoise en infrastructure, nous avons pu obtenir, en collaboration avec le comité de maximisation des retombées régionales, le plus de retombées pour la région. On aime que ça puisse profiter à Roberval, mais aussi à l’ensemble de la région pour l’octroi des contrats. On en a eu l’expérience (positive) avec le Centre de détention », de mentionner M. Côté, qui est bien heureux de voir que le gouvernement livre des projets.

Trop petit

Du côté du juge coordonnateur pour la région, le juge Richard P. Daoust accueille le tout avec satisfaction.

« Il y avait un manque de salles évident. Nous devions composer avec trois salles et il arrivait que nous étions coincés. Avec le projet, nous allons être plus efficaces. La sécurité sera aussi assurée. Nous sommes chanceux de ne jamais avoir eu de problèmes. Mais ça ne répondait plus aux standards », a indiqué le juge Daoust.

À la normale

À la Couronne, Me Claudine Roy, procureure en chef adjoint au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), ne cache pas que la présence des procureurs de la Couronne à l’intérieur des murs du Palais de justice de Roberval, comme cela est le cas à Alma et à Chicoutimi, est une bonne chose.

Les bureaux du DPCP se trouvent sur le boulevard de l’Anse à environ trois kilomètres du palais de justice.

« Actuellement, un transporteur amène tous les dossiers de la semaine à venir au palais de justice le vendredi et ramène les dossiers qui ont été traités. D’être sur place, ça va assurer une fluidité. Actuellement, ça alourdit le système. Lorsque nous avons besoin d’un dossier, il faut s’assurer que quelqu’un puisse venir le porter. Cette gestion n’a pas sa raison d’être », souligne Me Roy.

En ce qui a trait aux avocats de la défense, Me Jean-Pierre Lévesque est content de voir que les revendications des 30 dernières années ont trouvé une oreille attentive.

« À l’époque où j’étais jeune avocat, je me suis aperçu que nous n’avions pas beaucoup de confidentialité pour parler à nos clients, car d’autres accusés étaient juste à côté. Il y avait eu des améliorations en 1984, mais c’était pour 10 ans. Maintenant tout le monde est très satisfait de ce projet de rénovation. Pour la sécurité de tout le monde, il était temps que ça se fasse. Les gens méritent d’avoir un endroit sécuritaire. Et le fait que la Couronne va se retrouver au palais de justice, ça va faciliter le travail de tous », indique Me Lévesque.

La ministre Stéphanie Vallée croit que la technologie installée à Roberval sera utilisée de façon régulière et ne pense pas que la poussière aura le temps de s’accumuler. « La technologie peut être très utile. Nous pourrons aussi traiter plus de dossiers (3500 à l’année) avec un plus grand nombre de salles. »

Quant à la différence de coût entre le départ et la finalisation du projet, soit de 45 à 62 M $, c’est uniquement en raison des besoins. 

La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée

« Besoin d’amour »

La ministre Stéphanie Vallée, qui avait visité le Palais de justice de Roberval, en septembre 2015, avait constaté que le bâtiment avait « besoin d’amour ». Elle a vu rapidement que l’espace était restreint.

« Il y avait vraiment des raisons sérieuses pour se pencher sur le projet d’agrandissement. C’est tout un projet. On va tripler la superficie du palais de justice. Il sera plus moderne et plus sécuritaire et répondra aux besoins pour les 20 prochaines années et peut-être plus », précise la ministre.

Mme Vallée ajoute que le projet répond aux besoins des utilisateurs de la justice et de la population. Et il rendra la justice accessible partout sur le territoire. « Nous avons choisi de vivre en région et on a droit à une justice à portée de la main. Le projet comprend une somme d’un million de dollars pour répondre aux enjeux technologiques de notre siècle », a noté Mme Vallée.

L’établissement sera doté des équipements nécessaires à la présentation de preuves technologiques, à la visiocomparution, à la visioprésidence et au télétémoignage. 

« Ça va nous permettre de réduire les déplacements des détenus, des témoins, surtout pour une région aussi vaste. Ce sera plus efficient. Et ce sera plus sécuritaire. »

« L’utilisation de la technologie sera bénéfique pour les victimes d’agressions sexuelles. Lorsque l’on pourra utiliser la technologie pour faire témoigner une jeune victime en dehors de la présence de son agresseur, on facilite la démarche », a raconté la ministre.

Celle-ci est satisfaite de voir que les procureurs de la Couronne pourront réintégrer le Palais de justice, ce qui facilitera le travail de tout le monde et qui rendra le tout plus efficace.

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, et la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée

En vrac

  • Téléphonie sur la 155

Philippe Couillard, député de Roberval et premier ministre du Québec, souhaite que le nouveau député fédéral de Lac-Saint-Jean, Richard Hébert, présente un projet afin de compléter le dossier de la téléphonie cellulaire sur la route 155 entre Lac-Bouchette et La Tuque. « Il ne manque pas grand-chose pour le finir. J’ai parlé à mon nouveau collègue Richard Hébert et je lui ai dit que ce serait une bonne façon de commencer son mandat en complétant le projet. Il ne manque que deux ou trois tours pour y arriver. M. Hébert est au courant du dossier, car il l’a défendu alors qu’il était maire de Dolbeau-Mistassini », de dire M. Couillard.

  • Portail santé

Sur le portail santé, Philippe Couillard croit qu’il est possible d’assurer le maximum de sécurité des données des citoyens sur leur bilan de santé. « Ça va être une bonne chose que les citoyens puissent avoir accès à leur dossier, comme les résultats de laboratoire ou de radiographie, mais ça doit être fait de façon sécuritaire et ça va l’être », précise le premier ministre, qui croit que les coûts d’implantation seront contrôlés.

  • Monorail Montréal-Québec

Relativement à la mise en place d’un monorail entre Montréal et Québec, Philippe Couillard veut savoir si c’est réalisable, surtout qu’il s’agit d’une invention québécoise. « J’attends le signal d’Ottawa pour le secteur Montréal-Québec. On parle d’un projet entre Toronto et Québec, mais je veux m’assurer que nous allons avoir la même technologie qu’en Ontario. Pas question d’avoir un projet à rabais », assure-t-il. Et même si le gouvernement fédéral maintient le cap en ne voulant pas imposer une taxe à Netflix, Québec entend toujours le faire pour une question d’équité notamment.