Ouellet plaide coupable

Accusé initialement de tentative de meurtre, le Jonquiérois Christopher Ouellet a plaidé coupable à une accusation réduite de négligence criminelle causant des lésions graves avec une arme à feu. Au lieu d’une peine minimale de détention de cinq ans, celle-ci sera plutôt d’une année au minimum.

L’individu de 20 ans a réglé ses dossiers devant la juge Sonia Rouleau, de la Cour du Québec. Les parties se sont entendues sur le fait que le coup de feu tiré par une carabine de calibre .22 l’a été de façon accidentelle et non intentionnelle, d’où la modification de l’accusation. 

Ouellet a reconnu sa culpabilité pour avoir eu une arme à feu en sa possession sans être titulaire du permis et d’entrave à la justice en détruisant une partie de la preuve.

Ouellet a été arrêté en février dernier après que trois individus se soient présentés à sa résidence de la rue Goya. Ils étaient à la recherche d’un homme, qui n’était pas présent, et qui leur devait de l’argent.

Ouellet a répondu à la porte et a fait savoir aux trois lascars qu’ils n’étaient pas les bienvenus. Il leur a dit de « décrisser » à trois reprises.

Voyant l’un des visiteurs le regarder de travers, Ouellet est retourné dans le logement et est revenu dans le cadre de la porte avec la carabine. Il a frappé la victime au torse avec le canon de l’arme à trois reprises.

C’est alors que l’individu a saisi le canon de la carabine. Ouellet a voulu ramener l’arme vers lui et c’est là que le coup est parti.

« Je ne savais pas que l’arme était chargée », a dit l’accusé.

Dans un moment de panique, Ouellet s’est dirigé vers une rivière afin d’y jeter l’arme à feu. 

Quant à la victime, ses amis l’ont amenée à l’hôpital de Jonquière et l’ont laissée sur place afin qu’elle reçoive des soins.

Tous ces éléments de la preuve ont amené Me Sébastien Vallée, de la Couronne, et Me Julien Boulianne, avocat de la défense, à revoir les actes d’accusation.

De tentative de meurtre, la principale accusation est passée à de la négligence criminelle causant des lésions graves en utilisant une arme à feu. 

« C’est le jour et la nuit. Mon client était passible d’une peine minimale de cinq années de détention s’il plaidait coupable à la tentative de meurtre en utilisant une arme à feu. Là, la peine minimale est d’une année. C’est toute une différence », d’expliquer Me Boulianne.

Un rapport présentenciel sera demandé afin d’avoir un portrait plus juste de l’accusé, qui n’a que 20 ans. Il n’a aucun antécédent criminel adulte, mais a été reconnu coupable de voies de fait armées en 2012 et 2013 et de bris au tribunal de la jeunesse.

Après ses plaidoyers de culpabilité, Ouellet a tenté de recouvrer sa liberté. Il a amené divers arguments à la juge Rouleau, notamment sur le fait qu’il respecterait les conditions imposées par le tribunal. Il a aussi insisté sur le fait qu’un emploi l’attendait pour la période estivale.

Par contre, Me Vallée a mis en doute la crédibilité de l’accusé, qui a menti sur certains éléments au dossier. La décision sera rendue vendredi matin.