Donald Ouellet s’est caché le visage en apercevant le photographe du Quotidien, juste avant d’entrer dans les blocs cellulaires du Palais de justice de Chicoutimi.

Ouellet perd ses avocats

À un peu plus de deux semaines du début de son procès devant juge et jury, Donald Ouellet a vu ses deux avocats obtenir la permission du tribunal de se retirer du dossier. Malgré tout, le procès débutera le 24 septembre comme prévu, à moins d’un revirement de situation.

Six dossiers impliquant autant d’accusés sont apparus au rôle des assises criminelles de la Cour supérieure du Québec afin de déterminer si des procès se dérouleront devant 12 jurés et un juge au cours des prochains mois.

Le principal dossier qui retient l’attention a été celui de Donald Ouellet, un individu bien connu des tribunaux. Il est notamment accusé d’extorsion d’une somme de près de 100 000 $, de menaces et d’entraves à la justice.

Son procès doit débuter le 24 septembre par la sélection du jury. Mais jeudi après-midi, Me Nicolas Gagnon et Me Olivier Théorêt, de l’Aide juridique, ont demandé la permission au tribunal pour cesser d’occuper dans le dossier.

Une ordonnance de non-publication nous empêche de dévoiler le contenu des propos tenus dans la salle d’audience.

Mais en somme, le lien de confiance n’était plus présent entre l’accusé de 56 ans et ses procureurs. Me Gagnon n’était plus en mesure de représenter adéquatement l’accusé dans cette affaire.

C’est au moins la troisième fois que des criminalistes se désistent de la cause de Donald Ouellet.

Le juge François Huot, de la Cour supérieure du Québec, a accepté la requête des deux procureurs en prenant connaissance de la jurisprudence en ce domaine. Il n’a pas eu d’autres choix que d’accueillir la demande des avocats.

« J’accepte votre demande (celle de Me Gagnon) et vous pouvez vous retirer du dossier comme avocat principal. Par contre, je vous désigne comme amicus courrier. Cela signifie que vous serez là pour donner des conseils à M. Ouellet uniquement », a indiqué le magistrat.

« De votre côté, M. Ouellet, je vous encourage à vous trouver un autre avocat d’ici le 24 septembre. Il n’y aura pas de report. Si un avocat accepte de vous représenter, Me Gagnon demeurera au dossier comme avocat-conseil », mentionne le juge Huot.

Donald Ouellet est incarcéré depuis maintenant 14 mois et 17 jours.

Marc-Étienne Côté
Parmi les autres dossiers à la Cour supérieure du Québec, celui de Marc-Étienne Côté a été reporté aux assises criminelles du 13 décembre.

Me Sébastien Saint-Laurent, avocat en défense, a demandé de reporter le dossier afin d’évaluer, avec son client, la requête pour obtenir que les accusations de meurtre non prémédité soient retirées et que Côté puisse être libéré.

Au printemps, Me Saint-Laurent avait évoqué une requête en certiorari afin de casser la décision du juge de première instance (Cour du Québec) de citer Côté à procès.

Côté a été renvoyé à procès à l’issue de son enquête préliminaire. Il est accusé d’avoir tiré en direction d’Israël Gauthier-Nepton, lui occasionnant la mort, lors d’une nuit de novembre 2016 sur la rue du Vieux-Pont, à Jonquière. Côté s’était poussé de la région et avait été en cavale durant huit mois. Un homme l’avait reconnu à Montréal et l’avait dénoncé aux autorités policières.

Marc-Étienne Côté se trouve en détention depuis le mois d’août 2017.

Stéphanie Frenette
Le dossier de la gardienne d’enfants Stéphanie Frenette a aussi été remis au 13 décembre.

Me Julien Boulianne, avocat en défense, attend une contre-expertise médicale dans cette histoire d’un bébé secoué.

« Le résultat de cette contre-expertise pourrait faire pencher la balance d’un côté comme de l’autre », a précisé Me Boulianne.

Mme Frenette est accusée de voies de fait causant des lésions sur un bambin de 23 mois. Les événements se sont produits à la garderie en milieu familial de la rue Bégin, à Chicoutimi, le 20 février 2017.

L’enfant en était à sa troisième visite à la garderie. Les parents s’y sont rendus en fin de journée afin de récupérer leur enfant et ont remarqué qu’il n’était pas dans son assiette. Le bambin a été transporté à l’hôpital et les médecins ont émis l’hypothèse d’un diagnostic de bébé secoué.

Stéphanie Frenette, qui a plaidé non coupable jusqu’à présent, a dû fermer sa garderie et a déménagé à l’extérieur de la région à la suite de cette triste affaire.

Jonathan Ouellet
Quant à Jonathan Ouellet, les avocats à son dossier, Me Nicole Ouellet, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), et Me Mia Manocchio ont obtenu les dates du 18 et 19 octobre afin de faire les représentations devant le juge afin de déterminer si Ouellet doit être déclaré délinquant à contrôler ou dangereux.

Ouellet est détenu depuis maintenant 36 mois. Il a reconnu sa culpabilité, à la fin du mois de janvier 2018, à des accusations d’enlèvement et de séquestration d’un homme de moins de 20 ans et de lui avoir transpercé le prépuce avec un couteau.

L’individu de 37 ans a pris la décision de régler ses dossiers après le retrait des accusations d’agression sexuelle armée et d’agression sexuelle causant des lésions.

L’accusé a déjà fait cinq ans de pénitencier, en 2008, pour avoir séquestré des revendeurs de drogues indépendants.

Il avait utilisé une arme à feu pour leur faire peur.