La procureure de la Couronne, Me Marie Sirois, a expliqué que le réseau oeuvrait principalement au Saguenay, mais aussi à Chibougamau.

Opération Palmure: la tête dirigeante plaide coupable

Steeve Aubé, considéré comme une tête dirigeante dans la vente de stupéfiants sur le territoire du Saguenay et de Chibougamau et arrêté dans le cadre de l’opération Palmure de la Sûreté du Québec (SQ), a plaidé coupable à sept chefs d’accusation, jeudi après-midi, au Palais de justice de Chicoutimi. Le Jonquiérois de 32 ans a été libéré en attente de sa peine, mais il devra aller en thérapie fermée pour une durée de six mois.

L’Opération Palmure, qui a connu son apogée le 11 juin dernier avec l’arrestation de neuf individus, dont Steeve Aubé, avait permis de perquisitionner des quantités importantes de stupéfiants, notamment quelque centaine de milliers de comprimés de méthamphétamine, de la cocaïne, du cannabis et des champignons magiques. Certains accusés ont déjà réglé leur dossier alors que d’autres sont en attente de leur enquête préliminaire ou d’un enregistrement de plaidoyers de culpabilité.

Seul détenu

Tous les accusés avaient été remis en liberté sous conditions quelques jours après leur arrestation.

Seul Steeve Aubé était détenu, puisqu’il avait été épinglé avec un cellulaire et il n’en avait pas le droit, selon ses conditions. Il était donc derrière les barreaux depuis le début du mois de novembre dernier.

Jeudi, alors que devait se tenir son enquête préliminaire, il a décidé de plaider coupable à l’ensemble des chefs retenus contre lui, c’est-à-dire complot, trafic de méthamphétamine, de cocaïne et de champignons magiques, distribution de cannabis illicite et recel. Il écopera sans doute d’une peine de pénitencier, mais les deux parties ne s’entendent pas sur la durée.

Thérapie fermée

La procureure de la Couronne, Me Marie Sirois, et celui de la défense, Me Julien Boulianne, s’étaient toutefois entendus au sujet de la thérapie fermée à laquelle pourra participer l’accusé, en attente de sentence. Il sera toutefois escorté par la détention et devra se constituer prisonnier s’il est expulsé ou s’il quitte le centre de thérapie.

L’individu reviendra en cour au terme de sa thérapie, soit en septembre prochain, pour la suite des procédures. C’est à ce moment que les deux parties plaideront pour une sentence.

Me Julien Boulianne représente les intérêts de plusieurs accusés de l’Opération Palmure, dont Steeve Aubé.

L’Opération Palmure avait été lancée en novembre 2018. L’opération a nécessité le travail d’agents d’infiltration et de surveillance de la SQ durant plusieurs mois, au cours desquels on avait les suspects à l’oeil.

C’est à partir du mois de février 2019 que les informations ont été accumulées pour l’enquête, après une période de surveillance. Des filatures ont notamment permis de constater que les suspects transigeaient les quantités de drogues dans des boîtes, échangées dans des motels ou des restaurants.

Certaines boîtes saisies contenaient jusqu’à 50 000 comprimés de méthamphétamine. Un sac contenant 23 500 $ en argent avait également été perquisitionné durant l’opération.

De Saguenay à Chibougamau

Le réseau était surtout actif au Saguenay, mais s’étendait jusqu’à Chibougamau. La procureure de la poursuite, Me Sirois, a expliqué qu’un appartement vide servait à la vente de stupéfiants à Chibougamau, principalement auprès d’une clientèle autochtone.

C’est le 11 juin 2019, après plusieurs mois d’enquête, que les agents ont eu suffisamment de preuves pour mettre la main au collet des trafiquants.

Steeve Aubé n’a aucun antécédent judiciaire en matière de stupéfiants.

Le juge Michel Boudreault a demandé aux procureurs si Steeve Aubé était un « haut placé » du réseau, ce à quoi Me Boulianne a répondu qu’il était la tête dirigeante.

« Si j’accepte de vous envoyer en thérapie, c’est parce que vous vous êtes mis à table en plaidant coupable. Habituellement, les plus vieux font payer les jeunes », a souligné le magistrat.