O’Neil Junior Aspirot est accusé d’avoir sévèrement battu une femme, notamment avec un poêlon, de l’avoir harcelée, séquestrée et agressée sexuellement.

O’Neil Junior Aspirot aurait battu sa victime avec un poêlon

C'est le visage meurtri, de larges ecchymoses autour des yeux, tremblante et avec des difficultés à se déplacer, que la présumée victime d’O’Neil Junior Aspirot a assisté à la deuxième comparution de l’individu accusé de l’avoir violemment battue et agressée sexuellement. Des accusations de voies de fait armées d’un poêlon et d’objets décoratifs et de voies de fait graves se sont ajoutées depuis la première comparution de l’homme de 36 ans, qui avait eu lieu lundi, au Palais de justice de Chicoutimi.

O’Neil Junior Aspirot, un homme aux antécédents judiciaires chargés, fait maintenant face à 14 chefs d’accusation. Il avait déjà été accusé d’agression sexuelle et voies de fait causant des lésions, de menaces de mort, de séquestration et de harcèlement. Il a été arrêté samedi dernier, après qu’une femme de son entourage l’ait dénoncé aux policiers. La femme a dû être transportée à l’hôpital, puisqu’elle souffrait de blessures sévères. D’ailleurs, le chef de voies de fait graves est posé lorsqu’une personne est mutilée et que sa vie a pu être en danger, ce qui différencie, entre autres, du chef de voies de fait causant des lésions. 

Lundi, lors de son premier passage devant le juge de la Cour du Québec Michel Boudreault, l’accusé avait fait savoir qu’il souhaitait immédiatement plaider coupable, mais la Couronne avait averti le tribunal que la victime était en droit d’assister au processus judiciaire, mais que son état de santé ne le lui permettait pas. De plus, le ministère public se préparait à ajouter de nouveaux chefs, ce qui a été fait vendredi. 

C’est un peu avant midi que la présumée victime s’est présentée en salle de cour 2.10 du Palais de justice de Chicoutimi accompagnée par des gens du Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC). Frêle et tremblante, elle avait peine à se déplacer et devait être soutenue physiquement par une accompagnatrice. Malgré le soin qu’elle avait pris pour camoufler les marques sur son visage, ses deux yeux entourés de sévères ecchymoses avaient de quoi bouleverser la salle d’audience. Le juge a d’ailleurs demandé à ce que le dossier soit traité en priorité, compte tenu des circonstances. 

Selon l’acte de dénonciation, Aspirot aurait utilisé un poêlon et des objets décoratifs pour la frapper. 

La dame a attendu patiemment que l’accusé se présente dans le box des détenus. Elle n’a pu retenir ses larmes lorsque l’homme est apparu, menotté et escorté par deux agents correctionnels. 

Lorsque le procureur de la poursuite, Me Jean-Sébastien Lebel, a ordonné l’interdiction de communiquer avec la plaignante, en lisant son nom, la femme a éclaté en sanglots et a dû quitter la salle, toujours soutenue par une accompagnatrice du CAVAC. 

Des proches de l’accusé et de la présumée victime ont aussi quitté la salle, en pleurs et effondrés. 

Quant à l’accusé, il a baissé la tête à plusieurs reprises, lançant des regards à la plaignante, mais aussi à ses proches, assis au fond de la salle d’audience. Il n’a pas dit un mot au cours de sa comparution, écoutant les échanges entre les procureurs et le magistrat. 

O’Neil Junior Aspirot n’a finalement pas encore plaidé coupable, contrairement à ce qu’il avait déclaré, lundi. Des discussions entre la Couronne et la défense, assurée par Me Julien Boulianne, sont toujours en cours, a expliqué Me Lebel. 

L’accusé reste détenu à la prison de Roberval. Il sera de retour devant les tribunaux au début du mois d’avril.

S’il est reconnu coupable des chefs d’accusation qui pèsent contre lui, Aspirot s’expose à une lourde peine, notamment en raison de ses antécédents judiciaires en matière de violence. 

Passé

O’Neil Junior Aspirot a jadis été reconnu comme étant en relation avec le gang de rue 187 de Québec.

Il a perpétré de nombreux crimes violents au cours des dernières années, tentant « d’imposer sa loi au pénitencier », selon un rapport de la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) qui remonte à 2014.

Il a entre autres été déclaré coupable, au cours des dernières années, de voies de fait, d’introduction par effraction et d’intimidation.