Steeve Mourez-Bilodeau était accusé d’avoir saboté l’hydravion de Gilles Bérubé à l’été 2008, dans le but de provoquer un écrasement.

Mourez-Bilodeau déclaré non coupable

Accusé de tentative de meurtre sur l’homme d’affaires Gilles Bérubé, Steeve Mourez-Bilodeau a été reconnu non coupable, dimanche, au palais de justice de Roberval. Le jury a rendu son verdict, après plus de deux jours de délibérations.

Le Dolmissois s’exposait à une peine de prison à perpétuité s’il avait été trouvé coupable de l’un des deux chefs d’accusation qui pesaient contre lui. L’homme de 28 ans a également été blanchi de l’accusation d’avoir modifié un moyen de transport dans le but de tuer. 

Le ministère public reprochait à Mourez-Bilodeau d’avoir saboté l’hydravion de Gilles Bérubé à l’été 2008, dans le but de provoquer un écrasement. Ce n’est qu’en 2015 que le jeune homme a été officiellement accusé. Un enregistrement sur lequel on pouvait entendre l’accusé s’incriminer a permis aux enquêteurs de rouvrir le dossier de tentative de meurtre en 2013. Avant cet enregistrement, le nom de Mourez-Bilodeau n’était jamais venu aux policiers qui ont ouvert le dossier de tentative de meurtre à l’été 2008.

Pendant le procès et pour la première fois, Mourez-Bilodeau a admis avoir tenu ses propos, mais c’était dans le but de bien paraître au sein du monde criminel. Il voulait avoir l’air « hot ». Mourez-Bilodeau s’était confié à Jacki Ouellet, son partenaire dans le trafic de stupéfiants.

« Il arrive que des gens admettent des crimes qu’ils n’ont pas commis, surtout dans le milieu criminalisé. Mon client est donc très soulagé du verdict. Les procédures judiciaires le stressaient énormément. Il a dit qu’il ne mettra plus les pieds dans un palais de justice », rapporte l’avocat de Mourez-Bilodeau, Me Sébastien St-Laurent.

Est-ce que le jury a cru la version de l’accusé ? Est-ce que les jurés ont simplement voulu donner une chance au jeune homme ? Est-ce que le manque de preuve matérielle a convaincu le jury de ne pas rendre un verdict de culpabilité ?

« Malheureusement, on ne le saura jamais », laisse tomber Me St-Laurent, rappelant du même souffle que contrairement aux États-Unis, les membres du jury ne peuvent divulguer le contenu des délibérations. 

Les jurés ont posé deux questions et demandé à réécouter le témoignage de Jacki Ouellet lorsqu’ils étaient séquestrés à l’hôtel Château Roberval cette fin de semaine. Les 12 personnes ont délibéré de 8 h à 22 h. Une réflexion collective qui a été plus longue que le procès lui-même.

« J’ai plus de 30 procès avec jury à mon actif. Et c’est la deuxième fois que je vois que les délibérations sont plus longues que le procès. C’est très rare », pointe Me St-Laurent. 

Mourez-Bilodeau, qui a déjà fait de la détention pour trafic de drogues, était en liberté pendant toute la durée des procédures judiciaires.