Guy Perron, mort à l’ancienne usine Graphic Packaging, faisait du démantèlement pour se faire payer.

Mort pour se faire payer

Guy Perron, l’homme de 56 ans mort le 3 mars 2017 dans l’ancienne usine Graphic Packaging appartenant à BayShore, à Jonquière, tentait de démanteler une partie des installations pour se faire payer par les propriétaires pour qui il a œuvré.

Ce constat a été livré par le coroner Jean-Marc Picard dans son rapport rendu public mardi.

Le rapport de quatre pages mentionne que M. Perron était un employé de BayShore Group, qui a acheté l’usine Graphic Packaging de Jonquière pour y vendre la machinerie et s’occuper de la démolition. M. Perron s’occupait de la surveillance des machines avant la vente et effectuait le déneigement du site pour que l’usine désaffectée soit accessible.

À la lecture d’un texto envoyé par un responsable du site sur le téléphone cellulaire de Guy Perron, le coroner Picard a constaté que la victime avait de la difficulté à se faire payer. Ce responsable lui a mentionné qu’il devait se payer avec du « stock ».

Le 27 février, M. Perron entreprend avec trois individus la récupération de poutres d’acier à l’usine, qui se poursuit jusqu’au 2 mars, journée fatidique. M. Perron demande à ses trois collègues de démanteler quatre poutres pour terminer le travail. Le trio constate que les poutres sont rouillées et qu’ils travaillent pour rien. L’un d’eux avise M. Perron qui descend au rez-de-chaussée. 

Quelques minutes plus tard, l’homme est retrouvé inanimé en position ventrale après avoir chuté d’une hauteur de 18 pieds. Il est tombé dans un trou d’un diamètre de six pieds. La victime s’est probablement enfargée dans l’encolure de six pouces qui fait le tour du trou, faute de porter une lampe frontale.

Il est constaté que l’endroit est totalement abandonné et à moitié démoli, très peu sécuritaire et mal éclairé. S’ajoute la présence de glace, de trous et de fils qui pendent.

Le médecin conclut à une hémorragie intracrânienne post-traumatique comme cause du décès.

L’enquête de la CNESST a permis d’apporter des mesures correctives avec la protection des ouvertures dans le plancher et l’installation d’un éclairage adéquat pour éliminer le danger de chute.