Simon Simard est apparu sur la galerie de son logement avec une bombonne de propane à la main et prêt à la faire exploser.

Mort de Simon Simard: un suicide par policier interposé

Le Jonquiérois Simon Simard, l’individu qui menaçait de faire sauter une bombonne de gaz, est mort d’un traumatisme thoracoabdominal consécutif au passage du projectile d’une arme à feu d’un policier. L’homme s’est suicidé par policier interposé, selon le rapport du coroner Sylvain Truchon.

Il faut se souvenir que le jeune homme avait tenu les policiers en haleine, les 9 et 10 juillet 2016, alors qu’il se trouvait à son appartement de la rue Saint-Germain, à Jonquière. 

L’individu de 27 ans était soupçonné d’avoir commis un vol dans une pharmacie du secteur et des témoins l’avaient vu se diriger vers son logement. 

Dans son rapport de sept pages, le coroner a décrit les circonstances qui ont entouré ce décès. 

Les policiers de la Sécurité publique de Saguenay ont été les premiers à intervenir. Ils ont essayé de faire sortir l’individu en lançant du gaz irritant par une fenêtre, mais la tentative a été infructueuse. 

Plusieurs heures plus tard, les agents sont entrés dans le logement et ont aperçu Simon Simard assis dans la cuisine avec une bombonne de gaz à ses côtés. Celle-ci était reliée à des fils électriques et un commutateur. Il a demandé aux agents de battre en retraite tout en leur expliquant qu’il avait mis 200 $ de poudre noire dans sa bombe. 

Vers 00 h 40, un enquêteur est parvenu à établir un contact et a entendu le suspect demander aux policiers de le tirer. 

C’est là qu’il est sorti avec sa bombonne de gaz une première fois. 

Après quelques heures d’une relative tranquillité, les membres du Groupe tactique d’intervention (GTI) de la Sûreté du Québec ont été demandés en renfort. 

En début de matinée, ils ont envoyé un bélier monté sur un véhicule blindé et ont enfoncé la porte de l’appartement. Simard n’a fait ni un ni deux et a retourné la porte dans la rue. 

Simon Simard est ensuite sorti à l’extérieur de son logement avec sa bombonne de gaz. Il s’est dirigé vers les policiers. 

Immédiatement, ceux-ci lui ont ordonné de retourner à l’intérieur, mais l’individu a refusé. Il a plutôt poursuivi son chemin vers les agents. Un coup de semonce a été donné, mais Simard a refusé de rebrousser chemin. Un second policier lui a alors tiré un projectile dans le torse. 

Simard s’est écroulé au sol. Il a été transporté à l’hôpital de Chicoutimi et son décès a été constaté quelques heurs plus tard. Malgré plusieurs interventions chirurgicales afin de le sauver, l’individu est mort des suites de ses blessures. 

Le rapport d’autopsie démontre que M. Simard a succombé des suites du passage d’un seul projectile d’arme à feu l’ayant atteint au dos. Ce projectile a lacéré la neuvième côte gauche, perforé le poumon gauche, lacéré le péricarde en causant des contusions au cœur et perforé la coupole du diaphragme.

Le passage du projectile a notamment causé des dommages à la rate, à l’estomac, au pancréas et au foie de M. Simard. Ces blessures ont été mortelles.

Dans son rapport, le coroner Sylvain Truchon précise que le travail des policiers est de protéger la vie et assurer la sécurité du public et qu’ils doivent utiliser les moyens en lien avec le degré de dangerosité.

« Dans ce dossier, il ressort clairement que M. Simard a eu plusieurs opportunités de se rendre, d’établir un contact, de faire diminuer le potentiel de dangerosité de la situation pour la sécurité publique. Il a choisi de se mettre dans une situation où les policiers n’ont eu d’autre alternative que de l’abattre », écrit le coroner.

« La combinaison de plusieurs gestes posés par M. Simard laisse à penser qu’il a délibérément choisi de provoquer le tir des policiers et sa mort », ajoute-t-il.

Le coroner Truchon estime qu’il est plausible que l’individu ait opté pour cette issue en raison de ses problèmes de consommation et de l’ampleur des conséquences découlant de ses gestes. Il ne faut pas oublier que Simard avait posé des gestes de violence envers les policiers en 2012.

D’autre part, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a décidé de ne pas porter d’accusations contre les policiers du GTI. La décision a été rendue en juin 2017. Il en était venu à cette conclusion après l’analyse du rapport du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI).