Mort de Simon Simard: aucune accusation contre les policiers

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) ne déposera aucune accusation contre les policiers qui sont intervenus dans la mort de Simon Simard, survenue sur la rue Saint-Germain, à Jonquière, le 9 juillet 2016. Ils n'ont commis aucune infraction criminelle.
Le DPCP en arrive à cette conclusion après avoir analysé le rapport du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI). Deux procureurs du ministère public ont analysé de manière exhaustive le document dans le but de déterminer si les agents du Groupe d'intervention tactique (GTI) avaient commis des infractions criminelles lors de leur intervention.
Dans la soirée du 8 juillet 2016, Simon Simard s'est barricadé dans son appartement après avoir commis un vol de médicaments dans une pharmacie de Jonquière. Les policiers de la Sécurité publique de Saguenay (SPS) ont alors tenté d'entrer en contact avec lui. Ils ont obtenu un mandat afin d'entrer dans la résidence.
Les agents sont parvenus à défoncer la porte du logement, mais en sont ressortis rapidement après avoir vu que Simon Simard était en possession de ce qui semblait être un engin explosif.
Les membres du Groupe tactique d'intervention (GTI) de la Sûreté du Québec ont été appelés à intervenir, car le suspect disait posséder une véritable bombe.
Après plusieurs heures de siège, l'homme de 27 ans est sorti sur la galerie. Il était armé d'une bonbonne de propane et d'un détonateur. Il menaçait de se faire exploser. Devant le refus de Simon Simard d'obtempérer aux ordres, les membres du GTI n'ont eu d'autres choix que de tirer. Deux coups ont été entendus et l'homme a été abattu. Le décès a été constaté à l'hôpital de Jonquière dans les minutes suivantes.
Dans un communiqué de presse, le DPCP précise avoir informé la famille de la victime de sa décision et explique que le fardeau de la preuve que doit satisfaire la poursuite est très exigeant.
Me Jean-Pascal Boucher, porte-parole du DPCP, mentionne que le ministère public doit faire la démonstration hors de tout doute raisonnable de la culpabilité de l'accusé au tribunal.
« L'intervention était légale. Elle se fonde principalement sur le devoir imposé aux policiers d'assurer la sécurité et la vie des personnes. Les policiers croyaient qu'ils avaient des motifs raisonnables d'estimer que la force appliquée contre l'homme était nécessaire pour leur protection contre la mort ou des lésions corporelles graves. Considérant l'ensemble de la preuve, le DPCP estime que cette croyance était plausible et qu'elle s'appuyait sur des motifs raisonnables », écrit Me Boucher.
Me Julien Boulianne, qui défendait les intérêts de Simon Simard, n'a pas voulu émettre de commentaires à la suite de la décision du DPCP.