La procureur de la Couronne Me Mélanie Dufour, à gauche, a indiqué que toutes les accusations qui avaient à être portées l’avaient été.

Mort de la petite Rosalie Gagnon: la mère accusée de meurtre non prémédité

Une semaine après son arrestation, Audrey Gagnon, 23 ans, a été formellement accusée du meurtre non prémédité de sa fille Rosalie, deux ans, et d’outrage au cadavre de l’enfant.

Les traits tirés, les cheveux en broussailles, la jeune mère a brièvement comparu devant le juge Christian Boulet de la Cour du Québec, dans une salle bondée de curieux et de journalistes.

L’acte de dénonciation précise que le meurtre au second degré et l’outrage envers un cadavre auraient été commis le 17 avril, sensiblement au même moment, précise la Couronne.

Lorsque la police de Québec a publié son avis de recherche pour retrouver Audrey Gagnon et sa fille, le 18 avril, l’enfant était déjà décédée depuis 24 heures.

Un voisin a témoigné avoir entendu la petite pleurer dans l’après-midi du 17 avril, dans un logement de l'avenue Gaspard dans Charlesbourg, et avoir entendu un homme hurler son exaspération. Après l’arrivée de la jeune mère au logement, les cris de l’enfant auraient duré 10 minutes puis auraient complètement cessé.

Audrey Gagnon aurait été filmée par des caméras de surveillance dans le parc de la Terrasse-Bon-Air dans la nuit du 17 au 18 avril. La poussette ensanglantée de Rosalie a été trouvée dans le parc le 18 au matin.

La jeune mère a été localisée avenue Gaspard en après-midi le même jour. Elle aurait conduit les policiers avenue de Gaulle, jusqu’au bac à ordures où se trouvait le corps de la petite. L’enfant aurait reçu une dizaine de coups de couteau.

Divulgation de la preuve

La Couronne a remis la majeure partie de la divulgation de preuve à l’avocat d’Audrey Gagnon, Me Marco Robert. Audrey Gagnon est aussi accusée d’entrave et d’incendie criminel pour avoir mis le feu à son matelas dans sa cellule. Tous les dossiers reviendront à la Cour du Québec le 13 juin pour compléter cette divulgation de preuve.

D’ici là, la défense pourra déposer une requête pour remise en liberté provisoire devant un juge de la Cour supérieure. C’est la défense qui aura le fardeau de démontrer au tribunal que la jeune femme ne présente pas un risque pour la société.

«L’ensemble de la preuve nous a été acheminé et toutes les accusations qui avaient à être portées dans le dossier l’ont été», a précisé la procureure de la Couronne Me Mélanie Dufour.

Des sources du Soleil ont indiqué qu’Audrey Gagnon avait de graves problèmes de consommation de drogue et prenait de la méthadone pour se sevrer. Elle avait cessé d’aller aux rencontres des Narcotiques Anonymes.

La jeune femme et son enfant ont été expulsées d’une maison d’hébergement pour femmes en détresse le 12 avril. La direction de la Maison Marie-Rollet dit l’avoir fait pour des raisons majeures — sans élaborer — et assure avoir averti les autorités compétentes, sans préciser s’il s’agit de la police ou de la DPJ.

Audrey Gagnon a écopé six mois de prison en 2014 pour agression armée et non-respect d’engagement. Elle a été condamnée à six autres mois de prison deux ans plus tard pour voies de fait contre une policière et menaces.

Funérailles le 5 mai

Les funérailles de la petite Rosalie auront lieu le 5 mai à l’église Saint-Rodrigue de Charlesbourg.

L’Association des familles de personnes assassinées ou disparues (AFPAD) a reçu le mandat de soutenir les proches endeuillés. 

«La famille demande à tous les médias de respecter ses besoins d’intimité et fera une déclaration en temps opportun, a indiqué Nancy Roy, directrice générale de l’AFPAD. Cette famille est plongée en plein cauchemar et doit absolument se protéger pour traverser ce drame. Cette famille, comme tous les proches de victimes, vit un réel choc post-traumatique, n’est ni préparée ni outillée à vivre de ce qui lui est imposé.»