Le 15 mars 2017, Jimmy Tremblay, 38 ans, est mort asphyxié par du monoxyde de carbone après être entré dans un séchoir à bois de l’usine de transformation des Industries TLT à Sainte-Monique au Lac-Saint-Jean.

Mort de Jimmy Tremblay: la CNESST pointe le séchoir à bois

Une mauvaise conception des évents d’un séchoir à bois et des méthodes de travail inadéquates figurent parmi les causes identifiées par la CNESST dans la mort de Jimmy Tremblay, employé de l’usine de transformation des Industries TLT, située dans la municipalité de Sainte-Monique au Lac-Saint-Jean.

La CNESST a rendu les conclusions de son enquête entourant le décès de l’homme de 38 ans asphyxié par du monoxyde de carbone après être entré dans un séchoir à bois le 15 mars 2017. 

« Le matin de l’accident, M. Tremblay marchait seul dans la cour à bois de l’usine lorsqu’il est passé à proximité du nouveau séchoir à bois, qui était alors en fonction. Il y est entré par la porte non verrouillée et a aussitôt été exposé à une concentration mortelle de monoxyde de carbone. Son corps inanimé a été retrouvé par des collègues quelques minutes plus tard. Le décès de M. Tremblay a été constaté sur place par les ambulanciers appelés sur les lieux », relate la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) dans son rapport. 

Au terme de son enquête, la CNESST relève trois éléments en cause dans la mort de celui qui était responsable des expéditions et des séchoirs à l’usine de transformation. 

« La conception des évents du séchoir a entraîné un coincement des clapets surpression/dépression par de la glace, causant l’accumulation d’une quantité mortelle de monoxyde de carbone dans le séchoir. Ensuite, le travailleur est entré à l’intérieur du séchoir en cours de fonctionnement et a été exposé à une concentration mortelle de monoxyde de carbone. Enfin, la gestion de la santé et la sécurité du travail liée au nouveau séchoir était déficiente, car aucune démarche d’identification des risques n’avait été effectuée après son installation et sa mise en service. D’autre part, aucune méthode de travail sécuritaire n’avait été élaborée pour en contrôler l’accès », conclut l’enquête.

La CNESST a exigé des correctifs à Industries TLT en plus de lui imposer une amende pouvant varier entre 16 545 $ et 66 183 $ pour une première offense.

L’employeur s’est vu interdire l’utilisation du séchoir à bois en cause jusqu’à ce qu’il informe ses travailleurs sur les risques, qu’il établisse des procédures d’accès au séchoir et forme ses travailleurs sur ces procédures. Il devait également en contrôler l’accès en tout temps. 

L’employeur s’est conformé aux exigences. Le séchoir a pu être remis en fonction le 9 mai 2017. 

Depuis cinq ans, 138 travailleurs ont subi des lésions et deux travailleurs sont morts à la suite d’une exposition au monoxyde de carbone au Québec.

Afin de sensibiliser les milieux de travail, le rapport de la CNESST sera transmis à PréviBois – Santé et sécurité, un regroupement d’employeurs du secteur forestier, pour qu’il informe ses membres. Il sera aussi diffusé dans les établissements de formation offrant le programme d’études en sciage.