Jean-Christophe Gilbert et sa fille Yasmin-Elhena.

Meurtres à Trois-Rivières: Jean-Christophe Gilbert vivait des moments difficiles

TROIS-RIVIÈRES — Sur la page Facebook d’Annick Lepage se trouve une magnifique photo en noir et blanc de son ex-conjoint Jean-Christophe Gilbert et de leur petite fille, Yasmin-Elhena, 3 ans. Pour accompagner la photo, Mme Lepage a écrit en anglais: «Soyez heureux ensemble au paradis».

M. Gilbert est mort dans des circonstances nébuleuses à Trois-Rivières alors que sa fillette est décédée subitement, en juillet dernier, à la suite d’une infection au streptocoque de type A. Un drame difficile à surmonter. «On se parlait beaucoup à ce moment-là. Je dirais même tous les jours. On a essayé le plus possible de traverser ça ensemble.» «C’est sûr que ça n’a pas aidé aux événements qui ont suivi», estime Mme Lepage.

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M. Gilbert était aussi le père d’une autre petite fille qui vient d’avoir un an avec Mme Lepage et d’une fillette de 5 ans d’une relation précédente. La jeune femme de 24 ans le décrit comme un bon père. «Ce qui me rend le plus triste c’est que ma fille ne connaîtra pas son père.»

Annick Lepage

Mme Lepage a parlé à son ex-conjoint, dont elle était séparée depuis 10 mois, pour la dernière fois au téléphone le 25 septembre. Un policier l’a contactée au cours du mois d’octobre. «Les enquêteurs m’ont appelée pour savoir si j’avais de l’information sur M. Gilbert parce que justement ils le recherchaient, mais je ne savais pas à ce moment-là qu’il était porté disparu», raconte-t-elle.

C’est sa sœur qui lui a appris le décès de l’homme de 24 ans mercredi après-midi. «Ma sœur a vu l’article sur Internet et elle m’a avertie. J’ai réagi très mal. Ce n’est pas une chose à laquelle je m’attendais. Ç’a été un choc, ç’a été très dur.» 

Comme la mère de M. Gilbert, quand elle dresse le portrait de son ex-conjoint, elle le décrit comme un homme qui avait à cœur ses proches et qui était toujours prêt à aider les autres. «C’est quelqu’un qui avait de bons rapports familiaux. C’est quelqu’un d’attentif et d’assez emphatique. C’était quelqu’un qui voulait beaucoup aider et ça lui a souvent nui justement de vouloir aider les autres.» 

Elle aussi, elle croit qu’il s’est retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment. «Je sais que ce sont des gens qu’il ne connaissait pas. Je ne sais pas comment cela a  pu se produire.»

Mme Lepage sait qui sont René Kègle et Francis Martel, mais elle ne les fréquentait pas. «Connaître c’est un grand mot. À Trois-Rivières et à Nicolet, ce sont des gens que probablement tout le monde connaît», mentionne-t-elle. Elle ne croit pas non plus que M. Gilbert les côtoyait. «Ce n’est pas son genre de fréquentations.»

M. Gilbert a étudié à l’école secondaire Jean-Nicolet. C’est là qu’il a rencontré Mme Lepage. Il résidait alors à Baie-du-Febvre. Bien qu’il vivait maintenant à Massueville, en Montérégie, il avait donc un lien avec la région. À sa connaissance, il n’avait pas de problème de drogue ni avec la justice. Comme tous ses proches, elle ne comprend pas ce qui a pu se produire. «On a connu à peu près les mêmes personnes. J’imagine qu’il a retrouvé des anciens contacts et qu’il s’est ramassé là», suppose Mme Lepage.

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