Jimmy Bouchard aurait élaboré un plan pour faire assassiner son ex-conjointe.

Me Belliard « va à la pêche » pour son client Jimmy Bouchard

Jimmy Bouchard, cet homme qui aurait planifié de faire assassiner son ex-conjointe, possède toute la preuve que le ministère public détient contre lui. Les demandes de son avocat « ne servent qu’à aller à la pêche ».

Du moins, c’est le point de vue que Me Nicole Ouellet, procureure du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), a fait valoir, jeudi matin, au juge Jean Hudon, de la Cour du Québec, dans le cadre d’une requête de la défense en divulgation de la preuve.

Bouchard, un individu de 43 ans, est accusé d’avoir planifié le meurtre de son ex-femme en demandant à un individu, qui s’est avéré être un policier de la Sûreté du Québec, de faire le boulot. 

Le plan machiavélique de Bouchard avait été mis à jour et n’a pu se réaliser lorsqu’un individu qu’il connaissait assez bien l’a dévoilé aux agents de police. L’accusé a été arrêté au début du mois de décembre 2016. Il est sans antécédent judiciaire.

« Le ministère public doit obligatoirement me remettre toute la preuve qu’elle possède. C’est ce que je demande. Je veux savoir si leur source, qui est devenue un témoin, travaillait pour la police depuis longtemps, s’il a des antécédents judiciaires, s’il a commis des crimes d’importance », a laissé voir Me Belliard lors de la requête.

« Je veux pouvoir tester la crédibilité de ce témoin. A-t-il raconté n’importe quoi à la police ? A-t-il reçu des faveurs des policiers pour dénoncer un crime ou pour vendre ses amis ? », a fait valoir le criminaliste.

Depuis le début de cette affaire, la Couronne répète avoir remis toute la preuve qu’elle détenait à l’avocat de la défense.

Me Nicole Ouellet dit qu’elle n’a rien d’autre à fournir.

« Le témoin a fait une déclaration aux policiers de trois heures et trente minutes. Ce témoin a été une source et il a voulu donner de l’information aux policiers et a voulu dénoncer un acte criminel à venir », rappelle Me Ouellet.

« Me Belliard tente une partie de pêche. Il veut savoir si le témoin est connu de la police. Mais quelle police ? Il demande si le témoin a fait l’objet d’enquêtes. Encore là, il ne précise pas où et avec qui. Nous ne pouvons fouiller partout pour le savoir », note la procureure de la Couronne.

Et Me Ouellet n’a pas l’intention de faire savoir à son homologue de la défense si le témoin est une source de la police actuellement.

« La requête se doit d’être pertinente et ne pas constituer une partie de pêche », poursuit Me Ouellet.

Ces propos n’ont pas ralenti le criminaliste. Il veut s’assurer qu’il ne reste aucun élément de preuve dans le dossier de la Couronne.

« Mon collègue doit me donner toute la preuve. Je veux savoir si la source est fiable. En ayant toute l’information pertinente, je pourrai interroger le témoin et travailler sur sa crédibilité », soutient Me Belliard.

Le juge Hudon a pris l’affaire en délibéré. Il prendra le temps de regarder et de lire la jurisprudence que les procureurs lui ont remise et rendra sa décision le 29 mars.

Préparé

Jimmy Bouchard, de Saint-Stanislas au Lac-Saint-Jean, est accusé d’avoir conseillé une infraction qui n’a pas été commise (article 464 du Code criminel canadien), d’usage d’explosifs (art. 81), de sa possession sans excuse légitime (art. 82) et de possession non autorisée d’une arme à feu (art. 91).

Au moment de la perquisition, les policiers avaient découvert du matériel explosif comme de l’acétone et de l’ammoniac, de même que des armes à feu.

Quant aux raisons qui auraient pu pousser Bouchard à vouloir se débarrasser de son ex-conjointe, elles ne sont pas encore connues du public. L’information n’a pas été dévoilée au palais de justice.

S’il devait être reconnu coupable ou s’il devait plaider coupable, Jimmy Bouchard s’expose à une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à perpétuité.