Me Marie Sirois, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), a mené les dossiers devant les juges Isabelle Boillat et Michel Boudreault, de la Cour du Québec.

Mathieu Côté condamné à 50 mois

Le Chicoutimien Mathieu Côté a pris le chemin du pénitencier pour les 50 prochains mois pour avoir trafiqué plus de 34 000 comprimés de métamphétamine, alors que l’un de ses livreurs (runners), Guy Dumas, est parti au pénitencier pour 24 mois.

Les deux individus sont les premiers à plaider coupables aux accusations de complot et de trafic de stupéfiants dans le cadre de l’opération policière Palme menée par l’Escouade régionale mixte (ERM) de la Sûreté du Québec et du Service de police de Saguenay, en avril 2019.

Me Marie Sirois, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), a mené les dossiers devant les juges Isabelle Boillat et Michel Boudreault, de la Cour du Québec.

Côté, 42 ans, devait plaider coupable en juin, mais lorsque son avocat de l’époque, Me Charles Cantin, lui a signifié que la peine serait considérable en raison de son implication et des quantités de drogues saisies, il n’a pas apprécié et a demandé à changer d’avocat.

Il voulait même déposer une requête en retrait de ses plaidoyers de culpabilité.

«Il n’y aura finalement pas eu de requête. Une offre a été soumise à la juge Boillat de 50 mois de détention en raison de la perquisition policière et de bris d’engagement de la part de Mathieu Côté», a précisé Me Sirois.

Le client de Me Francis Boucher avait été arrêté à Chibougamau au volant d’un camion de location, dans lequel se trouvait tout son mobilier de maison. Les policiers ont laissé voir que l’individu voulait quitter le Québec pour l’Ouest canadien afin de se soustraire à la justice.

En raison du bris d’engagement, le ministère de la Justice a saisi les 18 000$, dont 2000$ en dépôt, que Côté avait en sa possession à titre de biens infractionnels et de non-respect de ses conditions.

À la retraite

Par ailleurs, Guy Dumas, un homme de 64 ans de Chicoutimi, a réglé, jeudi matin, son dossier devant la justice. Lui aussi arrêté dans le cadre de l’opération Palme, le retraité a pris le chemin du pénitencier pour une période de 24 mois. Il sera ensuite soumis à une probation de 36 mois et à un suivi probatoire de 18 mois.

Dumas, représenté par Me Louis Belliard, n’avait pas un rôle majeur au sein du réseau de trafiquants, mais a tout de même reçu cinq ou six livraisons de métamphétamine à son domicile.

Pour chaque livraison, il touchait une somme de 1000$, a révélé Me Belliard.

«Mon client savait qu’il participait à une organisation criminelle, mais ça lui permettait de réduire le prix de sa consommation. Je crois qu’il faut frapper assez fort dans la sentence pour faire en sorte qu’il n’ait pas le goût de revenir devant le tribunal», a mentionné Me Belliard.

Du côté de la Couronne, Me Sirois précise que le geste posé par l’accusé n’était pas isolé. Elle a parlé d’un homme mature qui savait qu’il était au sein d’une organisation structurée. Lors de la perquisition policière, plus de 34 000 comprimés ont été trouvés.

«Il a agi comme transporteur et servait aussi à garder la drogue chez lui. Il était un bon candidat à recruter, car il consommait de la drogue et était vulnérable. Une peine de 30 mois aurait pu être raisonnable, mais à 24 mois, ça respecte les fourchettes de peine pour une première offense», a indiqué Me Sirois.

Guy Dumas ne croyait pas partir pour la détention immédiatement, car il n’avait pas pris la peine d’amener son sac de vêtements.

«Vous acquiescez à l’inévitable. Vous avez fait des victimes avec cette drogue et vous êtes une victime, car on a recruté un homme qui consommait, qui était vulnérable. Malgré tout, vous avez contribué à intoxiquer des jeunes de 12 à 19 ans et vous n’avez pas réfléchi aux conséquences en travaillant pour des gens qui vous offraient 1000$ par livraison», a conclu le juge Boudreault.