La procureure de la Couronne estime que les nombreuses versions offertes par l'accusé démontrent son manque de crédibilité.

Martel-Poliquin: un accusé ni fiable ni crédible, selon la Couronne

La version de Jean-François Martel-Poliquin, accusé de conduite avec les facultés affaiblies causant des lésions corporelles, n'est ni fiable ni crédible et est bourrée de contradictions. Il doit donc être reconnu coupable.
Me Audrey Allard, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), y est allée de son argumentaire, jeudi matin, devant le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec.
Le 9 août 2013, Martel-Poliquin a embouti l'arrière d'un véhicule sur l'autoroute 70, propulsant la voiture des victimes sur le terre-plein et occasionnant des blessures importantes aux passagers.
La procureure de la Couronne estime que les nombreuses versions offertes par l'accusé démontrent son manque de crédibilité.
« Il a présenté quatre versions de consommation. À un premier témoin sur les lieux de l'accident, il a dit avoir bu deux grosses bières à midi et a ensuite dit aux policiers qu'il n'avait pas pris de boisson. Au procès, il a raconté avoir pris de la bière dans une bouteille de vitre et en cannette pour finalement mentionner que c'était deux grosses bières en vitre », a mentionné Me Allard.
« Ce n'est pas tout. À la question sur ses antécédents judiciaires, l'accusé a dit ne pas en avoir pour ensuite avouer avoir été reconnu coupable de conduite dangereuse. Lors du dépassement de la voiture (sur l'autoroute), il a dit avoir regardé son angle mort et entrepris la manoeuvre pour ensuite mentionner qu'il regardait devant lui », a notamment relevé la procureure de la Couronne.
Alcool
Me Allard a ajouté que Martel-Poliquin est le seul responsable de l'accident et que cela est dû à ses facultés affaiblies par l'alcool, se basant sur le rapport d'un expert qui a estimé les problématiques reliées à la boisson alcoolique.
« Je ne crois pas que les victimes aient une contribution même minime dans l'accident. Elles étaient dans la voie lente au moment de l'accident. Si jamais vous croyez que les victimes ont une mince contribution, cela ne doit pas vous empêcher de condamner l'accusé », conclut Me Allard, en précisant que la preuve de culpabilité de Martel-Poliquin a été démontrée hors de tout doute raisonnable.
Réplique
Me Dominic Bouchard, qui défend les intérêts de l'accusé, a donné une réplique aux arguments de la Couronne sur le fait que le ministère public a omis de dire que la première version des témoins soutient que l'accident s'est produit dans la voie rapide et non pas la voie lente (information dévoilée trois mois après) et que les propos de l'accusé sur sa consommation de bière ont été faits spontanément après l'événement.
« Il y a des éléments disculpatoires pour l'accusé, mais la Couronne n'en parle pas lorsque ça ne fait pas son affaire », a répliqué Me Bouchard.
Ce dernier a qualifié de pratique illégale la plaidoirie de la Couronne portant sur les effets de l'alcool en lien avec les taux étant donné que ceux-ci n'ont pas été admis en preuve par le tribunal.
Et il comprend mal que le DPCP prétende que l'accusé est l'unique responsable de l'accident. S'il est démontré que les victimes ont coupé le chemin à l'accusé, le lien de causalité n'a plus de force sur la cause.
La décision sera rendue le 29 juin.