Marc Lafrance devrait prendre le chemin de la prison, en janvier, pour avoir commis des attouchements sexuels sur deux fillettes.

Marc Lafrance coupable d’agression sur deux fillettes

Le Chicoutimien Marc Lafrance est reconnu coupable d’attouchements sexuels sur deux jeunes filles d’âge mineur, mais est acquitté de voies de fait sur l’une d’entre elles. Il se retrouvera en prison pour un minimum de 90 jours, mais la Couronne entend demander une peine beaucoup plus sévère.

Le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, a rendu un verdict de 15 pages vendredi matin au Palais de justice de Chicoutimi. 

Il a cru la version des deux plaignantes et estime qu’elles ont offert des témoignages crédibles et fiables. Selon lui, il n’y avait aucun doute sur la culpabilité de l’ancien militaire.

Vers la fin des années 2000 et au début de 2010, Lafrance a commis des actes répréhensibles auprès d’une première victime à quelques reprises. Il a déshabillé l’enfant, alors âgé de 12 ans, pour lui lécher la vulve et est même allé jusqu’à lui mettre un doigt dans l’anus, ce qui a créé une douleur à la petite fille.

« Le témoignage de la première victime n’a soulevé aucun doute raisonnable, surtout qu’elle n’a pas été contredite sur les événements à caractère sexuel. Je retiens sa spontanéité et le fait qu’elle a témoigné comme un enfant lorsqu’elle a dit que l’accusé léchait son vagin comme un popsicle, qu’il ressemblait à Shrek pour son impatience et sa violence », a noté le magistrat.

« La preuve a été faite hors de tout doute raisonnable, même s’il y a eu de petites contradictions dans le témoignage de la victime. Il ne faut pas oublier qu’elle n’avait que 12 ans au moment des événements et que ceux-ci remontent à plusieurs années déjà. Elle trouvait alors la situation bizarre », a soutenu le juge.

Ce dernier n’a pas retenu la preuve sur les voies de fait, alors que Lafrance aurait serré le bras de la victime. La preuve n’était pas suffisante et il l’a donc acquitté.

Quant à la deuxième plaignante, qui a eu droit à un massage dans le dos sous son gilet, le juge a retenu que son témoignage était aussi crédible et fiable.

« Il a pris la jeune fille par les chevilles, l’a allongé sur le lit et s’est couché à côté d’elle en petite cuillère. La victime sentait son souffle dans son cou. L’accusé l’a fait dans un but spécifique », a repris le juge Boudreault.

« De plus, les deux jeunes filles qui étaient des amies ont cessé de se voir après l’événement de la deuxième victime. Il n’y a donc pas eu collusion entre elles », précise-t-il.

Me Sylvain Morissette, en défense, a demandé la confection d’un rapport présentenciel. Le juge a demandé un volet sexologique. 

Les représentations sur sentence auront lieu le 23 janvier.

Le juge a aussi refusé la demande de la Couronne d’incarcérer immédiatement Lafrance, en raison de la peine minimale, estimant que l’accusé a respecté ses conditions de remise en liberté depuis trois ans.

« C’est une chance que je vous donne. Ne brisez pas ma confiance et ne faites pas en sorte que votre rapport présentenciel ne soit pas disponible en janvier par votre faute », a lancé le juge Boudreault.