Cette photo a été remise en preuve au tribunal, mardi, parmi un lot d'une centaine de photographies, prises par les policiers après le drame, mais aussi prises par la victime et des proches, quelques instants avant l'accident.

«Ma blonde est morte»

« Mon nom on s'en crisse, c'est pas important. Ma blonde est morte. J'ai consommé de l'alcool et je passerai la balloune, je m'en câlisse. Elle ne méritait pas ça. »
Jean-Philippe Blanchette, accusé de conduite avec les facultés affaiblies causant la mort, conduite avec un taux plus élevé que la limite causant la mort et de conduite dangereuse causant la mort de sa conjointe Kathleen Haché-Binette, y est allé de ces commentaires auprès de Pierre Champagne, un témoin de l'événement.
Le procès de l'accusé se déroule devant le juge Denis Jacques, de la Cour supérieure du Québec, et les 12 jurés qui agiront comme juge des faits dans cette affaire au Palais de justice de Chicoutimi.
Pierre Champagne a voulu connaître son identité, mais Blanchette a estimé qu'il y avait plus important que cet aspect.
Le soir du 15 août 2014, M. Champagne se trouvait au domicile de sa soeur lorsque l'accusé a frappé à la porte pour demander de l'aide, disant qu'il avait eu un accident avec son Jeep et que sa blonde était possiblement morte.
« Il était environ 21 h 30 lorsqu'il a frappé à la porte. Il a dit qu'il venait de capoter avec son 4X4. Il était nerveux et en état de choc. Il a demandé qu'on appelle le 911. Il m'a dit qu'il avait fait des manoeuvres de réanimation, mais que ça n'avait pas marché », a répondu le témoin aux questions des avocats Jean-Sébastien Lebel (Couronne) et Luc Tourangeau (défense).
Jean-Philippe Blanchette est accusé, entre autres, de conduite avec les facultés affaiblies causant la mort et de conduite dangereuse causant la mort.
Le témoin Pierre Champagne
« Il m'a dit qu'il voulait s'enligner dans un chemin où ça passait avant, mais ce n'était plus le cas. Je suis resté avec lui jusqu'à l'arrivée des policiers », a noté le témoin, qui n'a pas remarqué de démarche chancelante de la part de Blanchette.
Juste avant d'entendre ce témoignage, Me Jean-Sébastien Lebel, de la Couronne, a fait entendre l'appel fait au 911 par Dany Chabot, un citoyen de la rue Jobin.
Celui-ci précise qu'un accident a eu lieu dans son secteur, mais en dehors du circuit routier. «Un gars vient de me dire qu'il était dans son Jeep et qu'il a viré. Il dit que sa conjointe est décédée.»
Cette autre photo a été remise en preuve au tribunal, mardi.
Cette autre photo a été remise en preuve au tribunal, mardi.
La victime semblait heureuse
Kathleen Haché-Binette affichait un visage heureux moins de 15 minutes avant de mourir écrasée dans le Jeep Wrangler de son conjoint, Jean-Philippe Blanchette.
Technicienne du Service d'identité judiciaire de la Sécurité publique de Saguenay, Jessie Lalande est venue expliquer 29 photographies et des textos qu'elle a extirpés du téléphone cellulaire de la victime. 
Sur les photographies du 15 août 2014, qui ont été prises entre 18h44 et 21h17, moins de 15 minutes avant le drame, la dame de 27 ans avait fait quelques ego-portraits affichant un large sourire et où elle semblait heureuse.
L'agente Lalande a montré des images où l'on voit le véhicule de Blanchette enlisé dans la boue ou encore sur le dessus de grosses roches.
Le couple a aussi échangé quelques textos durant l'après-midi. Ils se demandent ce qu'ils vont faire de leur soirée. Celle qui était guide au Zoo de Falardeau songeait à «un petit souper en amoureux avec une bonne petite bouteille», alors que son conjoint semblait vouloir bouger un peu plus. Au final, le couple a opté pour une promenade hors route.
C'est là que ce fut fatal. D'ailleurs, les photographies, prises par le reconstitutionniste en scène d'accident, Pierre Girard (police de Saguenay), montrent que le Jeep est allé s'écraser au fond d'un petit ravin, où de nombreuses briques et des blocs de ciment s'y trouvaient et ont arrêté le véhicule.
Les images ont été prises dans les heures qui ont suivi l'accident. M. Girard a obtenu la collaboration de ses collègues policiers afin de lui fournir la lumière nécessaire afin de réaliser les meilleurs clichés possible pendant la nuit.
Premier arrivé
Au cours de la première journée de la preuve du ministère public, cinq témoins ont été entendus, dont le policier Maxime Guay, le premier à trouver le véhicule. Le Jeep se trouvait sur le côté, au bas d'un ravin et les phares étaient toujours allumés.
« Lorsque nous avons entendu l'appel, nos vélos étaient dans le véhicule. Ma collègue et moi nous sommes dirigés sur place et on nous a demandé d'aller voir plus loin. Il était 21h50 et j'ai trouvé le véhicule à 21h54 », a noté le policier Guay.
« Je suis allé voir la victime. Elle était couchée contre la portière du passager. Elle était inconsciente et ne respirait pas », a indiqué l'agent, confirmant que la dame n'était pas attachée à l'intérieur du véhicule.