Luc Doiron a réglé ses dossiers judiciaires et passera 120 jours en prison pour une deuxième conduite avec les facultés affaiblies en quelques semaines.

Luc Doiron se construit un séjour en prison

Luc Doiron, le multirécidiviste de l’alcool au volant, ne devrait plus inquiéter pour un temps les citoyens avec sa conduite en état d’ébriété. Il vient d’être condamné à 120 jours de détention et à une interdiction de conduire de trois années, qui s’ajoute à l’interdiction de 12 mois imposée le 29 juin.

L’homme de 41 ans retournera à l’endroit qu’il a contribué à construire à titre de travailleur de la construction.

Me Julien Boulianne devait tenir l’enquête de remise en liberté devant le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec.

Le criminaliste a plutôt demandé à Me Jean-Sébastien Lebel, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), la possibilité de discuter afin de régler le dossier et d’en arriver à une suggestion commune.

Quelques minutes ont suffi pour que les procureurs reviennent devant le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, pour régler le tout.

Doiron a été arrêté le vendredi 13 juillet, un peu après 7 h, après avoir défoncé un présentoir devant la vitrine d’un dépanneur du secteur Arvida, alors qu’il était au volant de son camion F-150.

Lorsqu’il a été amené au quartier général de la Sécurité publique de Saguenay, il a soufflé des taux de 0,390 et de 0,373, soit près de cinq fois la limite permise de 0,08. Doiron a avoué avoir pris la moitié d’un 40 onces de brandy et de la bière.

« Lorsque l’homme a percuté la vitrine, un employé a communiqué avec les policiers, car il a remarqué que le conducteur était en état d’ébriété. Le conducteur a plutôt demandé d’appeler un taxi afin de rentrer chez lui, mais la répartitrice de la police l’a entendu et a demandé à l’employé de ne pas le faire », a résumé Me Lebel.

« L’accusé a alors repris son camion et est parti. Il a été rapidement arrêté. Il a demandé aux policiers de lui donner une chance, qu’il venait de payer 700 $ pour sortir son véhicule de la fourrière (plus l’amende de 1600 $ pour sa conduite avec les facultés affaiblies du 29 juin 2018) », ajoute le procureur de la Couronne.

En défense, Me Boulianne ne cache pas que son client a un sérieux problème de consommation d’alcool. Il note que Doiron vit difficilement sa séparation et qu’il s’est alors plongé davantage dans la consommation d’alcool.

« Il boit de façon continuelle. Le matin de son arrestation, il allait se chercher de la bière au dépanneur. Il est véritablement atteint de cette maladie qu’est l’alcoolisme », note Me Boulianne.

« Mon client demande de l’aide pour s’en sortir, mais il a été refusé à plusieurs reprises au Centre de réadaptation en dépendance (CRD), car il s’y présentait en état d’ébriété. Les dirigeants ne les acceptent pas dans ce temps-là », a précisé Me Boulianne, alors que son client pleurait.

Lors de son arrestation, en mai dernier, Doiron venait d’être refusé au CRD et avait pris la décision de dormir dans son camion. Il avait été accusé de garde et contrôle d’un véhicule.


«  Mon camion est à la fourrière, et c’est une bonne chose.  »
Luc Doiron

La prison
Luc Doiron passera donc les quatre prochains mois dans une cellule du Centre de détention de Roberval. Questionné sur son travail, Doiron a mentionné au magistrat qu’il était un travailleur de la construction.

« J’ai d’ailleurs travaillé à la construction de la prison de Roberval. J’ai aussi oeuvré à Iqualuit et au Nunavut. Nous partions pour des périodes de deux mois, et on travaillait 70 heures par semaine », a commenté le nouveau détenu.

Le juge Boudreault a aussi demandé où se trouvait le véhicule de Doiron. « Mon camion est à la fourrière, et c’est une bonne chose », a répondu le multirécidiviste de l’alcool au volant.

Sentence
Luc Doiron, 41 ans, n’en était donc pas à son premier passage devant les tribunaux.

Il avait été arrêté une première fois en 2004 pour une conduite en état d’ébriété.

Le 29 juin dernier, il a plaidé coupable à une autre accusation de garde et de contrôle. Il dormait à l’intérieur de son camion et avait ses clefs en sa possession.

Il avait soufflé un taux de 0,345 et commis des bris de promesses. Il a donc été arrêté cinq fois en un mois pour avoir consommé alors qu’il n’en avait pas le droit. Le juge Rosaire Larouche l’avait condamné à une amende de 1600 $ et à une interdiction de conduire de 12 mois.

Mardi, le juge Boudreault a entériné la suggestion de 120 jours de détention. Le magistrat lui impose trois années supplémentaires d’interdiction de conduire. Par contre, il n’impose pas une interdiction de consommer, car il pourrait être difficile pour l’accusé de ne pas le faire pour l’instant, et il risquerait de revenir au tribunal. Il impose aussi une période de probation de 18 mois avec un suivi probatoire.

« Je vous ordonne aussi d’entreprendre un programme thérapeutique pour régler un problème grave de consommation d’alcool », a conclu le juge Boudreault.